Mise en bouche à la sauce Tsuhful

Voici l'histoire des Tsuhfuls de la Terre, je l'explique à vous simples humains car vous devez connaître ce qu'est l'histoire de mes ancêtres. Ici, vous apprendrez au fur et à mesure que j'apprendrai des choses, que j'écrirai l'histoire de cette race qui n'en est pas réellement une différente de la vôtre, appelons ça mon peuple. J'ai précisé "Tsuhfuls de la Terre", car comme beaucoup je ne pense pas être seul dans l'Univers, et de plus, si c'est le cas nous ne sommes pas seuls à pratiquer.

 

Group of Research and Tsuhful Intervention - Grupo de investigación y de intervención de Tsuhful - Gruppo di ricerca e di intervento di Tsuhful - Gruppe Forschung und Tsuhful Intervention - Groupe de Recherche et d'Intervention Tsuhful -

 
 
 
 

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Chapitre I : Moi, Tsuhful avant d'être humain.

 

 

 

 

Chapitre II : Tsuhful et sa religion

 

Chapitre III : Evolution et joie sans nom

 

 

Chapitre IV : Egyptologie façon tsuhful

 

 

 

Chapitre V : Un Idéal d'avenir selon un tsuhful

Un rêve de Tsuhful, comparable à ceux fait autrefois par les maîtres tsuhfuls. Mes propos peuvent faire peur, choquer, mais c'est néanmoins ce que je pense. Un monde harmonieux et libéré de tout disfonctionnement social. Je rêve, d’une immense armée de fidèles, comparable à celle que l’Église a en son pouvoir, pour régir le monde, mettre fin aux guerres raciales, créer une nation unique, permettant un développement plus efficaces des technologies et sciences, permettant de trouver les solutions aux différents problèmes de notre siècle. Un lieu où plus de 20 000 scientifiques seront réunis par catégorie d’étude, et développeront les technologies les plus écologiques qui soient, règleraient les problèmes infectieux, et nous permettrai de remédier à la surpopulation, soit par la colonisation de l’espace, ou par celle de nos océans qui représentent ¾ de la surface, ce qui nous ferait gagner au moins deux siècles aisément. Un système de sécurité mondiale, spatiale, regroupant 1.5 fois plus de personnel que toutes les armées réunit, permettant d’éviter tout crime. Le genre humain doit croire en quelque chose pour inhiber ses peurs, notamment celle de la mort, d’où la nécessité de croire en un dieu, quel qu’il soit. Je ne crois pas, je crois seulement en l’espèce humaine qui pourra être infiniment plus supérieur à ce qu’elle n’a jamais été, car je ne crains pas la mort, je crains seulement pour la pérennité de notre race et les erreurs que nous commettons, mais ensemble, unis dans une nation unique et puissante, nous pourrons protéger notre avenir et celui de la planète. Je suis pour la réintégration des espèces. Je ferais en sorte de limiter pour un temps les naissances, le temps que les équipes de chercheurs trouvent le moyen de coloniser tout l’espace disponible à l’homme sans endommager la planète. A l’aide de fonds communs je développerai les ex-pays considérés comme des PND, en lançant des déménagements d’industries vers ces zones, et rehausser les maigres salaires de ces gens tout en n’augmentant que très peu le coût de la vie dans leur région. Je ne demande pas les pleins pouvoirs, je diviserai les territoires en divisions sous dirigés par des gouverneurs, pour une superficie de 30 000 km², qui rapporteraient tout, comme un grand conseil ou je présiderais, à par si une attaque d’aliens se déclare, je ne ferai rien de majeur sans leur accord!!! En réalité, je ne demande pas le pouvoir pour moi, mais je le dis ici pour moi, car je sais que je n'userai pas ces pouvoirs à de mauvaises fins, j'ai confiance en moi, pas en d'autre, mais si quelqu'un s'en montrait capable ...

Chapitre VI : Paranoïa et complot, investissent les esprits

Étant donné que pour plus de sécurité, chaque Tsuhful que je contacte prend un pseudo, il est grand temps que j'en prenne un. Il est trop tard pour les égyptiens qui connaissent déjà ma véritable identité, mais je leur fais confiance. Mon surnom sera donc Orso Sayonara. Car mon surnom est "grizzly", à la base pour la force brute que j'avais exercé lors d'un jeu, et Orso est ours en italien. Ici, je mettrai le pseudonyme de chaque nouveau Tsuhful, et les voyages effectués. J'envisage de faire un voyage en Grèce, pour rencontrer le Tsuhful dont m'a parlé Selkmet. Mon prochain voyage en tout cas sera le Japon, où j'espère rencontrer des samouraïs, pouvoir ainsi bénéficier de leur sagesse, peut-être de leur entraînement, et les rallier à ma cause, car beaucoup des samouraïs étaient tsuhfuls. Mais j'ai peur que beaucoup ne possèdent pas ce sang, car l'entraînement samouraï ne se transmet pas forcément à son fils.

Voici ce que mes recherches m'ont permis de savoir récemment, certains de ces tests ont été effectués entre 1963 et 1984 entre tsuhfuls, tous morts éliminés conjointement par les services secrets américains et canadiens, assassinats effectués à Moscou, Chicago et dans un petit chalet isolé près de la côte au Québec. Ils étaient trois chercheurs, et un couple, tous tsuhfuls. De nouveaux résultats sont en cours pour confirmation des rapports d'analyses :

La fourchette approximative de fréquence dans laquelle un Tsuhful peut entendre, est de 15-21 000 Hz, les Élémentaires sont dans les 20-20 000Hz. L’entraînement au goût a permis de développer beaucoup plus les bourgeons du goût, permettant ainsi de passer de 9000 à 11 000, il suffit simplement de réactiver en s’entraînant à reconnaître. Deviner ce qui compose un plat simple rien qu’en le mangeant et en ayant les yeux fermés était la base de l’entraînement. Le nombre de nos cellules olfactives est indéterminé, mais il est supérieur à la normale, qui est de seize millions. Le nombre de bâtonnets et de nos cônes faisant partis de nos yeux est plus important, ce qui nous rend plus sensible à la luminosité et aux contrastes et beaucoup plus rapides à adapter notre vue aux conditions. Les Tsuhfuls n’ont par contre pas réussi à élargir le spectre visuel, nous ne voyons donc pas plus de choses que vous, comme l’ultraviolet ou l’infrarouge. La sensibilité tactile est plus importante, mais pas aussi importante que celle d’un aveugle. Nos sens ont été évolué par des techniques dites « à l’aveugle », mais la réorganisation corticale ne permet pas d’améliorer à un point très élevé nos sens comparé à quelqu’un privé de l’un de ses sens qui développe beaucoup plus les autres. J’ai récemment découvert un détail intéressant grâce à un américain. Je me suis associé avec lui, et c’est un scientifique, basé sur les recherches ADN, neuronales, et du sang. Il a fait des analyses sur les échantillons de sang que je lui est fait parvenir: apparemment, la plupart des tsuhfuls développent plus de globules blancs que la normale. Pour l’instant ce test n’a été effectué que sur sept tsuhfuls, et six d’entre eux avaient cette particularité. Le fils égyptien Anoukis est très jeune, moins de sept ans, et a même un niveau un peu plus faible que la normale. Mais mon ami chercheur a déjà émit l’hypothèse qu’avec l’âge nous développions de plus en plus de lymphocytes et de monocytes, ou sinon tout cela n’est que pur hasard. Mais mon voyage prévu en Grèce va me permettre de récupérer de nouveaux échantillons. Il a également noté que quatre d’entre nous avait plus de plaquettes que la normale, les sœurs jumelles, ainsi que moi, étant tout juste dans la moyenne à quelques milliers près. Le taux record est atteint par Selket qui possède 600 000 thrombocytes (plaquettes). Freyness n’a « que » 5650 000 environ. Peut-être ce taux varie-t-il, mais il est probable que Selket ai un sang plus pur, ce qui expliquerait son niveau. Pour ma part je ne remarque pas de réelle cicatrisation plus rapide.

Chapitre VII : Au pays de l'Antiquité, se révèle des beautés neuves

J’ai suivi les indications de Selket, et une semaine après m’ont retour d’Égypte, je me préparais à partir en direction de la Grèce, lieu magnifique berceau de tant de légendes, où s’est épanouie la mythologie. Je dû donc faire appel une nouvelle fois à mes ressources économiques prévues à d’autres investissements.

Je pris l’avion à Roissy qui partait à six heures du matin, en direction de Athènes en Grèce. Partir le plus tôt me permettait de perdre le moins de temps possible pour mes recherches une fois là-bas. Après avoir consulté à plusieurs reprises à bord de l’appareil, depuis mon ordinateur portable, les informations recueillies par mon Frère Freyness auprès de Bastet -celui-ci ce débrouillant assez bien avec la langue musulmane-, je décida alors de calmer ma nervosité en lisant les rapports sur le stoïcisme, né à Athènes, et liée probablement à de nombreux tsuhfuls, ce qui me poussait à venir en premier lieu dans cette magnifique cité, avant de rejoindre les environs de Sparte où était le contact Tsuhful de Selket. Je fis cette entreprise seul, car j’avais décidé d’envoyer Freyness voir la famille celle-ci, pour en apprendre plus sur ces Massaïs et leur lien avec Tsuhful. Espérons pour lui que l’anglais est une langue connue pour eux. A l’arrivée, une femme m’attendait, portant entre ses jolies mains un panneau avec "Orso Sayonara" écrit en grand. Elle m’annonça qu’elle était la fille unique de mon contact, et qu’elle avait la charge de m’amener jusqu’à lui le plus tôt possible, lui ne pouvant se déplacer. Je lui expliquai alors que je ne pouvais écourter ma visite d’Athènes, que cela m’était primordial. Elle accepta volontiers et se proposa de me suivre, avec un éloquent sourire. Je m’installa donc à mon hôtel, puis partît le plus tôt possible en direction de la bibliothèque de la ville. Après être ressorti, empli de connaissances nouvelles et de recoupements que seul un Tsuhful pouvait effectuer, et en élucidant les questions de ma charmante comparse, nous rejoignîmes le chauffeur à bord de la Mercedes 330 noire, qui nous conduisit jusqu’à l’Acropole et les divers sites que je lui indiquai. Après moult recueillement d’informations importantes et du simple point culturel, nous retournâmes à l’hôtel, ou je fus forcé de payé une chambre à cette demoiselle, ne pouvant l’inviter dans la mienne ( celle-ci s’y refusant avec un sourire et une rougeur qu’elle affectée au champagne du dîner ). Le lendemain je n’eu qu’à téléphoné pour que mon charmant chauffeur vienne me récupérer à l’hôtel, en compagnie de ma grecque. Elle nous guidât jusqu’à un petit village près de Sparte, dont le nom m’est inconnu par le fait que je ne lis pas couramment le grec récent. Nous arrivâmes dans une villa, qui me valut des explications par mon hôtesse amusée par mon regard surpris. Elle m’expliqua donc que son père n’avait eu qu’une fille par insémination artificielle, car il n’avait pas réussi à trouver une femme qui n’en veuille pas qu’à son argent. De plus il souffrait depuis longtemps d’une déficience cardiaque, et vu son âge, il passait désormais son temps en infirme qu’il était devant la télévision, et son ordinateur. L’homme en question était dans une chambre du rez-de-chaussée, affublé de divers capteurs et machineries hospitalières, le regard fixé sur l’un de ses ordinateurs nouvelle génération. Deux autres machines tournant à plein régime en réseaux, et une télé écran plasma allumée en haut du mur face à lui, connectée aux informations 24h/24. Il parlât alors dans son dialecte natal, je n’osais lui dire que je ne le comprenais pas. J’entendis alors une voix féminine me faire la traduction, je me tourna alors et aperçut sa fille qui me traduisait, elle m’était sortie de l’esprit depuis que j’avais vu le pauvre invalide en face de moi. Elle faisait les présentations, et m’annonçait qu’il était très honoré, et impressionné qu’un jeune ait la trempe et la connaissance de tant de choses de Tsuhful. Je n’eu guère le temps de répondre qu’il reprit sa harangue, et la belle qui continuait inlassablement sa traduction. La situation était simple, il était vieux, et cela faisait longtemps qu’il recherchait des informations sur Tsuhful ainsi que des descendants, et il estimait que moi j’étais probablement son successeur, et qu’il était prêt à me faire parvenir par tout les moyens possibles l’ensemble de ses connaissances, et certes des moyens financiers. Il expliquait que jusque là sa fille avait toujours fait les trajets qu’il ne pouvait faire lorsque les recherches l’exigeaient. Il me dit qu’il avait fait procréer sa fille par une femme d’un QI très élevé, pour que sa fille puisse en bénéficier, bien que je trouvais que lui devait avoir déjà un bon QI. Elle me traduisit tout cela avec un léger rougissement et une rage dans le regard, qui me signifiait qu’en rien je ne devais en rire. Il me proposait donc de bénéficier d’une partie de sa fortune, de lieu pour m’héberger dans plusieurs pays, des informations qu’il a récolté pendant plus d’un demi-siècle, à condition que tout l’argent reste à la gestion de sa fille, même après sa mort, qu’il prévoyait comme prochaine. Cela supposait que je devais l’emmener à peu près partout et rendre compte de mes actes. Il m’assura qu’en d’autre temps il aurait été heureux de faire ma connaissance, de faire les présentations, même par conversations interposées, mais que désormais, l’idée de mourir sans connaître complètement peut-être quelqu’un d’exceptionnel, de ne pas connaître toutes les aventures et peut-être la renaissance de Tsuhful, le lui empêché, il préférait mourir dans l’ignorance totale des avancées et de ne pas regretter quelqu’un. Il avait également peur que je m’attache à lui, bien qu’il ne pouvait parier là-dessus, et que j’ai à pleurer sa perte. Il m’offrit gîte et couvert, beaucoup d’autres choses, les faveurs de sa fille que je n’osa refuser totalement, de peur de le vexer bien sûr. Le vieil homme espérait apparemment le bonheur pour sa fille, et regrettait de n’être probablement pas là le jour du mariage de sa fille. Il ressassait sans doute beaucoup de pensées, pensant sûrement qu’il allait rater le meilleur de sa vie, tout le bonheur que sa richesse ne lui aura pas apportée. Je l’avais déjà prit en pitié, et je me désolais de le voir partir, laissant sa fille seule. Après deux jours passés dans cette somptueuse villa à profiter de la sagesse de l’homme, de ses premiers voyages, ceux de sa fille, et des milliers de donnés qu’il avait amassé au cours de sa pénible vie, j'annonçai qu'il était temps pour moi de repartir. En partant, ce n’était pas mon chauffeur qui m’attendait, mais le sien, dans une Chrysler noire. Je m’apprêtais à partir et, tandis que son domestique emplissait le coffre de mes bagages, j’entendis une conversation en grecque, mais le plus étrange, était que le début était en grecque ancien, je fonça alors sur mes bagages, bousculant au passage le domestique, et prît mon dictaphone, et repartit aussitôt, l’allumant et m’approchant de cette petite famille. Ce que j’ai enregistré, je ne le sais pas encore, mais je ne vais pas tarder à le savoir. La fin de la conversation était en grec récent. Il me juste à traduire, mais l ‘oral est plus difficile que l’écrit pour quelqu’un qui ne la pratique pas. La grecque me rejoignit alors en direction de la voiture. Nous montâmes à l’arrière, et je pris la direction de l’aéroport. Elle me dit alors soudainement : « Vous ne parlez pas du tout le grec ancien ni l’actuel n’est-ce pas? ». Je répondis par l’affirmative, sa question annonçait une autre, et tout cela restait lourd de sens. Non découragée par mon manque de loquacité, elle reprit: « Tout ce que vous avez entendu, vous ne devez en parler à personne, que vous ayez compris le sens de ces mots ou non. Je suis Tsuhful aussi vous savez, votre esprit m’est ouvert. ». « Je comprend tout désormais, comment savez-vous que je sais le contenu d’une manière ou d’une autre de cette conversation? Je ne sais qu’écrire le grec ancien, en partie. Je suppose que vous avez utilisé votre réceptivité mentale pour lire en partie dans mon esprit. ». Elle prit un ton d’excuse et continua: « Ne m’en veuillez pas, vous y pensiez tellement fort sans vous en cacher, que pas mal d’images me sont parvenues. ». Bien, je savais désormais que comme beaucoup de femmes tsuhfuls, elle avait de très bonnes capacités mentales, en connaissait les origines et savait apparemment les maîtriser. Je me promis donc de ne plus penser à cela et d’apprendre à fermer mon esprit. La discussion fut close. Elle m’accompagna jusqu’au portillon de la sécurité à l’aéroport, et déposa avec légèreté mais avec autant de fougue un baiser sur mes lèvres. Elle reparti aussi vite qu’elle m’avait surprise, escorté de son chauffeur supposé également garde du corps, me cachant son visage probablement rougissant comme souvent. Elle se retourna juste à la sortie, je vis alors le soleil l’illuminer, ses rayons se reflétant admirablement sur ses cheveux blonds, son visage habituellement pâle éclairé d’un magnifique sourire : le soleil venait de la sacraliser. Interloqué, je n’avais pas entendu le garde de la sécurité m’appeler à deux reprises. Après m’être largement excusé, je prit mon avion et rejoignis mon pays natal.

Chapitre VIII : Retour au pays, récit du dévoué Freyness

Je m’entraînai pendant un mois au combat de katana, d’épée à deux mains médiévale, au corps à corps, à résister à la douleur, à fermer mon esprit, et à réactiver tout mes sens pour qu’ils soient au meilleur de leur forme. Je me suis documenté sur la tradition japonaise, la culture, les samouraïs. Je pense que une fois au Japon je profiterai de leur formidable technologie. Faire des achats, sur du nouveau matériel et peut-être sur des objets de leurs arts. Tout cela au frais de Nikès bien entendu, notre nouvelle Tsuhful arrivant tout droit de Grèce. Celle-ci ne s’étant pas gênée pour venir deux semaines en France, une semaine chez moi, et une à l’hôtel Ritz à Paris, à dépenser sans compter, visiter musée et monuments, acheter aux Champs-Élysées, elle se permit même pour me remercier de bien vouloir l’accueillir, de m’acheter un 4x4 Honda. Je n’en revenais pas. Nous discutâmes beaucoup, franches rigolades avec Freyness accompagnés de champagne et de divers mets raffinés. Sa visite fût plus une détente qu’une réunion de recherche ou d’information. Elle nous confia néanmoins certaines données particulièrement intéressantes. Freyness revenu d’une tribu Massaï, expliqua que ceux-ci avaient été enrôlés comme chasseurs et guides pour Tsuhful, et ordonnés membres du Peuple, mais cela plus à titre honorifique, peu d'entre eux ont des capacités tsuhfuls, et peu pratiquent ne serait-ce qu'un seul entraînement comparable à l'un des nôtres. Néanmoins, il avait parlé avec le père du plus grand guerrier et chasseur de la tribu, son fils ne désirant pas lui parler. Le fils était le meilleur car il pratiquait toujours les entraînements de Tsuhful, et même en inventait d'autres.

Ainsi voici l’histoire de Freyness telle qu’elle m’a été contée:

5h38, aéroport de Roissy

Orso m'a contacté une semaine avant mon départ me demandant d'aller rencontrer un peuple africain situé sur les abords du Kilimandjaro. Pour réaliser ce voyage il me fallait le matériel nécessaire et en premier une arme. Une arme parce que je n'oublie pas que je vais dans l'Afrique sauvage et que j'ai eu vent d'attaques d'animaux sur les voyageurs, j'ai donc pu me la procurer rapidement grâce à certains de mes "amis", qui se chargeait de me faire livraison une fois là-bas, de sorte de n’avoir aucun problème avec les autorités. À peine avais-je quitté sa compagnie à l’aéroport, lorsqu’il partait en direction de la Grèce deux heures avant que je prenne mon vol, les ennuis commençaient déjà. Ils considéraient que j’avais un surplus de bagages, pourtant je n’avais emporté que mon appareil photo, le caméscope numérique que tu avais acheté pour l’occasion, mon ordinateur portable, tout mes chargeurs de batterie, les guides, mes vêtements, les lotions solaires, produits anti-insectes, mes deux paires de chaussures, et quelques autres menues affaires. Je dû payer de ce fait la taxe supplémentaire, ne pouvant rendre raison à leur mauvaise foi et leur cupidité. Quand enfin je pus entrer dans l’appareil, je dû chercher ma place un bout de temps, ne pouvant compter sur les hôtesses trop occupées à se faire draguer par les deux pilotes. Bref, la veille de mon départ, mon ami de longue date m'appela pour s'informer de ma préparation au voyage, et il m'informa que son voyage en Grèce était maintenu, chez un vieux riche, habitant seul avec sa fille, qui aurait quelques informations sur les Tsuhfuls. A cet instant j'aurai volontiers échanger nos voyages, mais malheureusement ce ne fut pas le cas, mais bon, mon voyage serai apparemment d'une grande importance (à moins qu'il veuille m'écarter de cette histoire de cette Grecque) pour nos recherches.

Me voilà enfin arrivé en Tanzanie, et je me dirige tout de suite à l'hôtel pour faire le point. À peine ais-je pris possession des clés de ma chambre, qu’un petit homme s’approche de moi, me donne un paquet et repart. Une lettre l’accompagnant indiquait « De votre part, avec les remerciements de Bono & Cie ». Je sortis pour l’achat du reste du matériel dès avoir profité pour me reposer, après ce voyage et cette chaleur, il faut dire que j‘étais épuisé. Deux jours après, j'ai pu trouver un guide qui, selon ses dires, connaîtrait bien ces Massaïs, une tribu qui se trouve actuellement au pied du Kilimandjaro. Face à mes questions oppressantes sur sa qualification, cet homme m’annonce qu'il était originaire d’une des tribus, qu'il été dans une famille très respecté du village et qu'il a décidé de faire des études qu'il réussit avec brio. Deux heures plus tard nous étions sur le chemin du village en Jeep à travers la savane, j'aperçu enfin le plus haut sommet de l'Afrique, et aussi le seul endroit de ce continent à avoir de la neige, mais malheureusement celle-ci disparaît de plus en plus dû au réchauffement de la planète. Alors que nous étions non loin du village, j'aperçu un jeune à terre, à peu près âgé de 17-18 ans. Je me précipitai hors de la Jeep, mon guide a mes talons. Lorsque nous sommes arrivés à ses côtés, nous pûmes voir qu’il était couvert d’entailles plus ou moins profondes, fort heureusement il respirait encore, mais j'avais remarqué que beaucoup de charognards décrivaient un cercle dans le ciel, croyant à un festin. Nous décidâmes de l'emmener avec nous et apparemment mon guide le connaissait. Je m'occupais de ses blessures tandis que mon homme de main conduisait la Jeep jusqu'au village.

Nous étions enfin arrivés au village, et à peine avions-nous sorti l'enfant de la Jeep, qu’une femme cria et se jeta sur lui en pleurant, j'en déduisis facilement que c'était la mère de l'enfant. J’avoue donc que mon entrée au village fut remarquée. Un petit groupe de villageois nous accueillit, serrant dans leur bras mon guide, qui apparemment était très apprécié. Un vieil homme me parla, mais c’est paroles m’était inconnue, et heureusement mon guide me traduisit ses paroles: "Bienvenu dans notre village, nous sommes heureux que vous nous avez ramené un fils de la tribu à sa mère Muisca. Il était parti depuis huit heures, et nous étions inquiets, car je suis son oncle. Nous vous devons sa vie, alors si vous voulez quoi que ce soit demandez nous ". Je fis donc traduire à mon guide que je voulais rencontrer le chef du village, et l’oncle me conduisit à la « case » du chef mais quelqu'un était posté à l'entrée et tout le groupe s'arrêta net. Mon guide me souffla à l'oreille que c'était le fils du chef. Ce fils commença à me parler mais je n’y comprenais toujours pas un seul mot , et à nouveau mon guide me traduisit que les étrangers à la tribu n'ont aucun droit de voir le chef sans avoir une permission de lui, et là un villageois sembla expliquer la situation mais une voix forte et grave s'éleva de l'habitat, ce qui provoqua un regard de mépris à mon égard et qu’il l’écarta de l'entrée, et à sa place se dressa un grand homme, et je fus étonné de voir qu'il avait l'air encore jeune pour un chef de village mais portant pas mal de cicatrices. Quand les habitants du village lui expliquèrent la situation, il eut un regard plus calme envers moi et m'invita dans sa case. Accompagné de mon guide pour me traduire, je m’assis sur les peaux de bêtes. On nous servit de l'eau, et je me mis à lui parler de ma venu dans le village, profitant que l’ambiance était bonne, lui expliquant ma démarche. A la fin il fit venir un vieillard dans sa case et lui expliqua mon histoire. A la fin du récit du chef, j'ai eu l'impression que l'ancien prononçait le mot « Tsuhful ». Les deux me regardèrent et mon guide m’annonça discrètement que le vieil homme était le chaman de la tribu. Le chef se mit à parler et d'après mon guide, je devais faire une sorte d'entraînement avec le chaman, le chef et son fils dans une heure environ. Je me préparais donc à enfin recevoir une leçon de combat de Tsuhful dans une partie de la savane non loin du village de la tribu. Mais pour prouver mon ascendance, je devais d’abord rester une journée sans boire ni manger face au Sud. Épreuve que je réussi. Je dû ensuite leur ramener une gazelle, chasser avec leurs armes. Je réussi mais les guépards ne me rendirent pas la tâche facile. Pendant six jours, je suivit une entraînement intensif sur l'art du combat a la manière Tsuhful, je vivais au village et participais à sa vie, et les habitant m'ont nommé membre de la tribu. Le jour de mon départ, les habitants m'ont offert un habit de la tribu en rouge (couleur qui montre que celui qui le porte est mature), une longue lance Massaï, et le jeune garçon que nous avions sauvés vint vers moi en me donnant une sorte d'amulette qu’il avait confectionné lui-même. Après l’avoir remercié, je repartis en ville à mon hôtel pour reprendre mes affaires, content d‘avoir établi le contact. Le guide avait promis de me faire parvenir les informations fournit par les Massaïs. Le lendemain soir j'étais de retour en France Orso m'attendait et fut surpris de me voir dans cette accoutrement que m'avaient offert les villageois. Nous étions à peine sorti du taxi qui nous mena chez nous, qu'il me montra son 4x4 Honda, une pure merveille. Je lui demandai alors si il avait gagné au loto, et si dans ce cas il avait pensé à ma table de mixage que je voulais tant. Il hocha la tête en signe de négation, avec un sourire goguenard, et me dit de me changer en vitesse car nous aurions un rendez-vous avec une amie, donc vous ma chère Nikès.

Chapitre IX : Préceptes fondamentaux

J’ai découvert grâce à des recoupements conjoints, de la traduction du reste des textes provenant du temple d’Égypte dans la montagne d’Ishbek, des photos prises par un Freyness intéressé des hiéroglyphes ornant la pièce de prière, et des informations fournies par le père de Nikès, que la religion Tsuhful comportée elle aussi des préceptes.

Les sept lois religieuses:

1 - Faire preuve d’humilité. L’arrogance est méprisée par les tsuhfuls.

2 - Tout les Tsuhfuls se doivent de respecter la nature, de la considérer comme une entité mère et unique, et non comme un dieu. (Cresis en est l’incarnation, et ne possède donc pas de forme concrète). Voilà pourquoi je n’en trouve pas.

3 - Ne pouvant nier l’existence naturelle de l’égoïsme chez l’Homme, associée à l’instinct de survie, seul l’égoïsme pur est méprisé par les tsuhfuls. Toutes formes de jalousies sont associées à cet égoïsme. Un Tsuhful se doit d’aider un de ses congénères, sauf si celui-ci a brisé un commandement important, et cela à son encontre. Le cas avec un simple humain relève du domaine moral et des lois en vigueurs dans la contrée de l’action ou de l’inaction.

4 - Si quelqu’un est notre hôte, nous nous devons de le respecter dans son domaine.

5 - Si quelqu’un est votre invité et vous contrarie ou vous manque de respect, traitez-le cruellement.

6 - Honorez ceux de votre sang, quelque soit leurs origines.

7 - Ne vous plaignez de rien qui ne vous concerne pas personnellement. Ne donnez pas votre opinion ou vos conseils à moins qu’on ne vous l’ait demandé.

Le concept de mettre sept commandements est très fort, car ce chiffre est à consonance magique, et selon les grands savants, sept ans était l'âge de raison. Il est donc chargé de symbole, tout autant que le treize.

Voici ce que j'ai appris sur Ludet: Ludet représente la vengeance et non le pardon. Ludet dénonce l’Homme comme le plus puissant des animaux, mais aussi comme le plus dangereux et le plus perfide. Ludet est en conformité avec les anciens dogmes religieux, mais Cresis est en totale opposition.

Anton Szandor Lavey était un des derniers sangs purs. Ses parents étaient tout les deux de fervents croyant en Cresis et destinaient leur fils à servir la cause de Ludet. Celui-ci ce détourna d’eux et de cette vocation, et lança la création de Church of Satan en 1966, la même année il déclara que commençait l’an un de l’ère du Satanisme. Il répandit cette doctrine, inspirée des principes religieux de Tsuhful, mais en ajoutant sa touche personnelle, ne vénérant pas le diable ni aucun dieu, s’opposant en réalité au conformisme des religions. En voici les commandements :

Pour plus d’informations voir ses livres The Compleat Witch" (1970), "The Satanic Rituals" (1972) et "The Devil's Notebook" (1972). Et la bible satanique qu'il a écrite en 1969.

1. Ne donnez pas votre opinion ou vos conseils à moins qu'on ne vous l'ait demandé. 2. Ne confiez pas vos angoisses ou autres troubles à autrui à moins que vous soyez certain d'être écouté. 3. Si vous allez dans le repaire d'un autre, montrez lui du respect, sinon n'y allez pas. 4. Si un invité dans votre repaire vous contrarie ou vous embête, traitez-le cruellement et sans pitié. 5. Ne faites pas d'avances sexuelles à moins que vous réalisiez que vous pouvez le faire. 6. Ne prenez pas ce qui ne vous appartient pas, à moins que ce bien soulage son propriétaire et qu'il veuille s'en défaire. 7. Reconnaissez le pouvoir de la magie si vous l'avez employée avec succès pour réaliser vos désirs. Si vous reniez ces pouvoirs après y avoir fait appel avec succès, vous perdrez tout ce que vous aurez obtenu par leur aide. 8. Ne vous plaignez de rien qui ne vous concerne pas personnellement. 9. Ne maltraitez pas les petits enfants. 10. Ne tuez pas d'animaux, sauf pour vous défendre pour vous nourrir. 11. Quand vous sortez, n'ennuyez personne. Si quelqu'un vous ennuie, dites-lui d'arrêter. S'il continue à vous ennuyer détruisez- le.

 

Chapitre X : Le Japon: le présent rencontre le passé pour l'avenir de Tsuhful

J’arrivais dans le centre d’entraînement aux arts martiaux de cet ancien illustre village. Après m’être présenté à l’entrée, je fis mon passage dans la cour intérieur, où une vingtaine de combattant s’entraînaient, peu à peu les combats cessèrent, les disciples et le maître distrait par mon arrivée. Il leur semblait bien étrange d’assister à l’arrivée inopinée d’un occidental dans leur dojo. Je rejoignais alors la porte coulissante menant à l’accueil où un frêle japonais mais pourtant à l’air stricte, me fît signe d’un mouvement bref de la tête, à la manière des vantards idiots qui insinuent « un problème minus ? ». Je le salua alors maladroitement en japonais, et me renseigna pour savoir où je pouvais trouver le vieux maître samouraï, si célèbre; Aykachi Monamoto. Il me répondit dans un anglais incertain, que très peu d’étrangers avaient la chance de le voir, et qu’il était absent du dojo, comme la plupart du temps, mais que si je désirais le voir, il me suffisait d’aller dans les montagnes toutes proches, trouver une grande bâtisse traditionnelle à trois kilomètres de là. Je ressorti alors franchissant la grande porte toujours sous les regards presque stupides des combattants. Je repris mon chauffeur qui m’avait attendu bien sagement, et parti en direction des montagnes, me préparant à ce court voyage sur ces routes dévastées.

Ne disposant pas de sonnette, je dû toquer, l’attente ne fût pas longue, après un court instant, la porte s’ouvrit, laissant apparaître ce que j’aurais put appeler une déesse japonaise. Une magnifique brune, un sourire aguicheur accroché à des lèvres pulpeuses, des baguettes pour tenir ses beaux cheveux en un chignon, des yeux rieurs, malicieux, un visage illuminé. Je ne sais combien de temps ma contemplation et mon silence dura, mais la belle, nullement décontenancé devant mon attitude admirative, même amusée, me lança un « bonjour » enjoué bien que japonais, et me demanda toujours en japonais les raisons de ma présence. Reprenant maladroitement mes esprits, je lui annonçait que je ne connaissais du japonais que très peu de locutions. Elle me répondit alors en anglais, me demandant ma nationalité. Elle fut enchanté d’apprendre que je venais de France, elle-même y ayant vécu un an lorsqu’elle n’avait que cinq ans. Elle me dit alors quelques mots bien doux à mes oreilles car de mon pays. Je lui dis alors que je venais dans cette demeure pour demander audience auprès du grand Aykachi Monamoto, le grand samouraï. Elle me répondit qu’il ne répondait désormais plus au demandes de presse, et n’acceptait plus les étrangers. Je lui expliquai alors qu’il fallait dire simplement au sage, que par Ludet et Cresis, un occidental cherchait des racines. Elle referma soigneusement la porte, me laissant sur le seuil, et revint quelques minutes plus tard. Elle m’expliqua qu’il acceptait de me voir, mais qu’elle ne garantissait rien qu’en à sa loquacité. Elle me conduisit à travers un couloir. M’expliqua qu’il n’aimait pas les étrangers pour leur cupidité, leur soif de puissance, leur manque d’humilité, et que j’avais donc à modérer mes propos si je ne voulais pas voir exploser la colère d’un samouraï, qui malgré les lois en vigueur pourrait se permettre de me trancher la tête.

J’arrivais ensuite devant (les sortes de portes coulissantes), je les ouvrait délicatement, et je vis alors un vieil homme, dans la cinquantaine, agenouillé, son katana posé sur ses cuisses, dos à moi, et qui regardait paisiblement le soleil s’éteindre à l’horizon. J’attendis quelques instants, espérant que l’homme rompe le silence, en vain. Avec mon meilleur anglais, je l’ai salué, et demandé si il parlé lui aussi l’anglais. L’homme, toujours impassible, ne dit mot. Il paraissait plus un sage qu’un vieux sourd. Non découragé par son attitude, je continua lui parler, lui demandant si je pouvais m’agenouiller à ses côtés, et sans attendre de réponse, je le fît. Désormais restant silencieux, observant comme lui le lointain, j’attendis. Une bonne heure se passa ainsi, sans parole, et il ne resté qu’une pâle lueur à l’horizon indiquant que le grand astre avait séjourné dans le ciel japonais. Moi toujours perdu dans ma contemplation, j’entendis alors la voix du maître samouraï me dire ces mots en un anglais des plus pures :

- Tu es jeune et occidental, et pourtant malgré ces deux handicaps, tu es patient. Que veux-tu à un vieux fou qui passe son temps à observer l’horizon?

Cela m’aurait sidéré d’entendre l’anglais aussi bien formulé, si j’avais oublié ma tâche. Après un temps d’arrêt pour être bien sûr de ma traduction et réfléchir à ce qu’il fallait dire, je répondis ainsi :

- N’est fou que celui qui ne sait pas admirer la beauté des choses, et est inconscient celui qui ose être assez fou pour les détruire. En réalité, je suis venu chercher des vérités, et des enseignements, et j’espère, malgré le fait que je sois si différent de vous et que nos cultures soient éloignés, un entraînement de votre part ou de l‘un de vos disciples.

- Tu parles assez sagement pour un jeune, mais cela n’est guère étonnant pour un Tsuhful, mais est-ce réellement ta sagesse ou ton intelligence qui parle? Je connais la ruse de ceux de l’Occident, peut-être dis-tu simplement les mots que j’aimerai entendre?

Je mis largement plus de temps que la fois précédente à répondre, de par mon étonnement qu’il sache que l’inconnu devant lui était un jeune Tsuhful, mais l‘indication sur nos dieux avait fait plus que l‘intriguait, il connaissait réellement nos dieux. Lorsque je répondis, je teins à montrer mes intentions et mon honnêteté :

- Je suis certes un occidental français, mais je suis d’abord un Tsuhful, l’honneur que j’ai à en être un devrait vous suffire à croire en ma sincérité, de ne pas déshonorer mon sang, et je n’aurai jamais fait tout ce chemin inutilement. Mon but est de retrouver les tsuhfuls, qu’ils soient purs ou mêlés, de refonder notre peuple, et que j’en apprenne suffisamment sur toutes les cultures que Tsuhful à compter. Qui plus est, je sais que la communauté samouraïs a été la plus soudé, mais aussi celle qui a compté le plus d’adhérents Élémentaires pour rejoindre les tsuhfuls.

- Bien. Il n’est pas serein de discuter de choses sérieuses lorsque l’on a le ventre vide. Je vais demander à Lyoko de nous apporter le thé, et des sushi.

Il se leva, alla face au mur, appuya sur une sorte d’interphone et parla en japonais à la fille. Dix minutes plus tard, elle revenait, elle avait enlevé entre temps les baguettes, ses longs cheveux tombants en cascade, et portant un lourd plateau, pourtant avec grâce. J’aurai pût jurer qu’elle était Tsuhful, tout au moins samouraï. Elle me fit un joli sourire, ne sachant à quoi m’en tenir, je le lui rendit. Elle posa le plateau et repartit. Je fixai un moment l’endroit où elle avait disparue, puis regardant à nouveau le maître, je vis qu’il m’observer avec un sourire.

- Je vois que tu as déjà fait les présentations avec ma fille Lyoko, dit-il sans cesser de sourire.

Et moi comme un idiot de réagir de la sorte :

-Hein? Quoi? Votre… fille? Euh, oui tout à fait charmante! Lyoko vous dites?

- Cette femme est ma fille, et une digne représentante de Tsuhful n’est-ce pas? Je lui ai appris tout ce que je sais sur l’art de se battre et sur nos origines. Je suis l’un des rares tsuhfuls semi purs, je suis le

Dernier du clan des samouraïs tsuhfuls, et mes ancêtres sont tous purs. Je veux bien essayer de te prendre pour disciple. Mais ce sera dur, très dur.

- Bien maître Monamoto. Combien dois-je vous donner?

- Tu réfléchis tout de même en occidental, tu ne me paye pas, mais achète tout ce dont tu as besoin. Je te nourrirai et te logerai. Il faut te débarrasser de ta nature d’européen, tout ne s’achète pas, l’honneur de t’accueil me suffit.

- Croyez-le maître, pour nous c’est une manière de montrer que nous sommes près à payer pour quelques choses qui en vaut la peine, cela est gratifiant pour l’autre. Mais comme vous, nous savons faire offrande de notre savoir.

A minuit j’étais de retour chez moi, content de ma discussion avec le vieux Tsuhful, des promesses qui avaient été faites, et de la rencontre bienheureuse avec sa fille Lyoko. Il m’avait donné rendez-vous au Nord dans les montagnes avoisinantes, à 5h30 du matin, pour commencer au plus tôt mon entraînement, voir si j ‘étais digne de disposer de telles informations déjà en sa possession. Le bougre n’avait guère l’intention de me laisser dormir beaucoup. Le lendemain en me présentant à pieds au lieu indiqué, car ce piètre chemin n’était franchissable que de cette manière, je vis le vieil homme assis sur une assez grosse pierre, souriant. Il m’expliqua en quoi consistait ma tâche: tant qu’il ne décidera pas le contraire, je devrais prendre l’eau dans deux seaux, les hisser à l’aide d’un bambou sur mes épaules, et remonter jusqu’au chalet que je voyais au sommet. En claire, j’en avais pour trois bons kilomètres aller et retour pour déposer l’eau là haut. Il me fit le faire sans discontinuer, je m’efforçais de ne pas geindre ni même montrer un signe de fatigue, et lui se contentait de me suivre du regard, sans perdre son indéfectible sourire. Alors que le soleil était au plus haut, que mes épaules me faisaient souffrir le martyre, que j’étais ankylosé, les jambes engourdies, il arriva derrière mon dos que je remontais une nouvelle fois la pente pour déposer en haut mes seaux. Il me dit alors « tu peux abandonner si l’envie t’en prend, mais sache que pour être mon disciple tu dois continuer, la faim peux te tirailler, la douleur te réduire à un résidu mou, je le répète tu dois continuer. En aucun cas-tu n’a le droit de boire de cette eau pure tant que tu n’auras pas montré que tu étais d’être un pur samouraï, avant d’être un pur Tsuhful. ». Je ne répondis guère, économisant ma salive, et repris mon chemin. Ce n’est que lorsque le soleil commençait à se rapprocher de la ligne d’horizon du relief, qu’il daigna me laisser me reposer. Je pus boire, manger et détendre mes muscles endoloris. Il m’annonça alors, son visage éclairé par la Lune, que la nuit ne faisait que commencer. Il me fit faire cela pendant encore une heure ou deux, puis me battre contre lui avec un bâton. Mon état d’épuisement était tel, que pas une fois je ne réussi à le toucher, et de plus, il ne se donnait pas à fond, mais je ne parais presque aucun de ses coups. Au petit matin j’étais étendu sur le dos, où les bleus ne manquaient pas, sanguinolent. Il m’aida à me relever, et me ramena en bas. Là l’attendait une voiture. Il m’annonça que pour l’instant il acceptait de m’enseigner les rudiments de son rang, et peut-être si je survis, ceux de Tsuhful.

 

 

Après ce combat qui ne dura qu’une dizaine de minutes, Aykaichi fit signe à Lyoko d’approcher et me dit:

- Combats-la, cela te servira d’apprentissage, mais fais attention, elle est bien entraînée. ». Je lui répondis alors :

- M-maître ! Vous n’y pensez pas? Vous n’allez pas me faire combattre votre fille tout de même?

- Si. Ainsi tu apprendras que les femmes peuvent être aussi impitoyable que les hommes. Maintenant ramasse ton arme et en position.

N’ayant guère le choix, je me préparai donc à combattre Lyoko. A peine avais-je échangé trois coups que déjà son katana était à hauteur de mon diaphragme. Mon amplitude de mouvement était trop grande, et je ne gardais donc pas une protection sur cette partie de mon corps, d’autant qu’elle, tout comme son père, était plus petite. Nous reculions donc pour reprendre l’assaut. Après de nouveau quelques échanges, et avoir paré la plupart de mes attaques, elle me pointai sa lame sous la gorge. Je me demandais sérieusement si je pouvais la battre. Au bout d’une demi-heure je réussi tout de même à la mettre en difficulté elle aussi, manquant de lui trancher la tête. J’avais gagné. Mais elle me le fit payer, et cher. Elle semblait avoir la rancune tenace, et ne cessait de prononcer des paroles en français, anglais et japonais, et je n‘irai pas prétendre qu‘elle était sympathique. À chaque fois que je gagnais, l’engagement suivant était l’objet du déversement de sa rage de vaincre. Au bout d’un moment, elle m’asséna un violent coup de genou dans l’estomac, ce qui me valut de perdre le match.

- C’est valable ce genre de coups? N’aurait-il pas fallu me prévenir? , demandais-je.

- Tu as parfaitement le droit d’effectuer toi aussi tout cela mon cher disciple, mais je te conseille fortement de ne pas la rater si tu veux rester en vie assez longtemps pour tout savoir sur Tsuhful.

Il semblait heureux de ces combats, plus encore depuis que sa fille venait de pimenter les futurs combats.

- Maître, je me refuse à frapper Lyoko.

- Pourquoi cela?

- Je me refuse à abîmer le peu de belles choses qui existent encore sur cette terre. C’est un principe, je prône le respect de la nature, de la famille et des femmes.

- Grand bien me fasse de l’honneur que tu défends, que tu flattes mon ego en parlant ainsi de ma fille, mais saches que tu vas vite changer d’avis, car Lyoko ne va pas te laisser le choix.

Elle reprit sa rage en main et recommença à m’asséner coups de poings et coudes bien placés. Malgré cette nouvelle règle, je m’obstinais à vouloir la battre sans la frapper. Mes coups de lames de mieux en mieux placés ne suffisaient toujours pas à la battre tout le temps. Ma volonté de vaincre l’emporta sur ma raison lorsque, l’attrapant à la taille, je la renversa au sol avec rapidité, et pointai alors mon épée droit sur son cœur. À partir de ce moment, toujours sans la frapper mais en la poussant, en la renversant, par tous les moyens possibles pour la déstabiliser sans lui faire de mal, je me mis à gagner de plus en plus. Lorsque sur l’issue de vingt combats, quatorze furent en ma faveur, Monamoto stoppa l’entraînement.

Ainsi je suis heureux d’apprendre à être bushi, ou mono no fu, ou tout simplement samouraï. En me mettant au service de ce ronin et de Tsuhful, je deviens un hatamoto, je sers quelqu’un contrairement à mon maître qui ne sert que sa cause. J’appris de la bouche de Lyoko, que mon maître et elle était des lointains descendants du clan Minamoto. Le plus célèbre de ses ancêtres était Minamoto no Yoshitsune, dont le demi-frère devint grand général, offrant à toute la lignée l’hérédité ce titre.

Mon maître m’appris à viser juste avec le Yumi, le grand arc japonais, d’environ deux mètres, et dès que je pus maîtriser correctement cette discipline, m’initia au Yabusame, le tir à l’arc à cheval.

Il m’apprit également à construire le tendate un mur de bambou mobile, pouvant m’assurer un bon refuge en cas de campement, n’en ayant pas besoin pour une éventuelle guerre. J’appris à utiliser le sari une lance, et son ancêtre, la naginata, un faucheur pratique à moyenne distance, et pour couper les jarrets des montures. Mon maître m’enseigna chaque art de combattre et m’appris à manier chaque arme de prédilection d’un samouraï. Même le tashi y passa, ce qui me valut beaucoup de difficultés pour manier un tel sabre à cheval. Enfin, après des mois d’entraînements, il prononça la date officielle de mon examen.

Chapitre XI : Accomplissement d'un homme

Ce qui s’annonçait comme une des dernières épreuves, allait commencer. Je préparais mes armes, de bois naturellement, prêt à faire usage de mon daisho dès que cela s’en avèrerai nécessaire. Un par un, les combattants, maîtres et apprentis, sortirent des vestiaires, tous en tenue appropriée, armés des différentes armes que compte le dojo. Sous l’œil de l’ultime maître, le bushi Monamoto, nous prîmes nos positions de combats. Bien entendu j’étais censé être avantagé par mon entraînement intensif, mes gènes tsuhfuls, et ma taille typique occidentale qui me les faisaient dépasser d’environ vingt centimètres, voir plus. Mais leur nombre et la différence entre les combattants, devaient m’obliger à m’adapter à chacun d’entre eux et en même temps à la masse entière. Le ronin pris pour symbole de départ, l’envol de l’hirondelle sur l’arbre le plus proche. Le temps qu’elle prit pour effectuer cette action, finit par rendre nerveux quelques-uns uns de mes adversaires. Je pris lentement position, écartant légèrement mes jambes, fermant ma garde, baissant mon centre de gravité pour mieux me battre. À peine l’oiseau prenait-il son envol, que je dégainais mon katana de bois et mon tonfa, et quelques secondes plus tard, les deux premiers téméraires fonçaient sur moi, alors que les autres étaient encore hésitant, ne sachant comment était ma technique. Je parais leurs coups avec une étonnante facilité, la différence avec Lyoko et mon maître était plus que frappante, ne voulant pas les expédier directement au tapis, pour que les autres fassent l’erreur de me surestimer, je pris quelques quarante-cinq secondes avant de les envoyer l’un après l’autre au sol, l’un d’un coup de bâton dans le diaphragme, et l’autre d’un large fauchage qui l’envoya tête première au sol. Alors les autres s’élancèrent, tantôt quatre, tantôt moins. J’assénais de violent coups, pour m’assurer qu’ils ne se relèvent pas pour revenir aussitôt. Lorsque l’un réussi à me frapper de son arme sur le genou gauche, ma réponse ne se fit pas attendre, le coup que je lui portai lui brisa le bras, et lui arracha un cri. Là n’était pas là mon but, mais cela m’avantageait, les autres n’osaient plus réellement se montrer entreprenants de peur qu’il ne leur arrive une chose similaire, j’assommais, brutalisais, le tout dans un mélange des différents arts qu’il m’avait été enseigné. Mon maître observait avec attention. Lorsque je réussis à mettre à bas mes vingt-cinq adversaires, qu’il était sûr qu’ils ne se relèveraient plus, je rangeais mon katana uniquement, et j’observais alentour. Pas un n’avait l’envie de se relever pour me battre.

Alors que mon maître discutait calmement avec sa fille tout en buvant le thé, je restais là, soufflant tel un bœuf, la sueur coulant sur ma face, tous mes sens en éveils. Me battre contre l’ensemble des disciples du dojo m’avait épuisé, mais j’attendais de voir si mon maître ne me réservait pas une quelconque surprise, et restais donc sur mes gardes. Mon entraîneur ne m’adressa pas un seul signe, puis sa fille se levant, ramassa un katana identique à celui qui refroidissait à ma ceinture. Elle descendit gracieusement les marches qui menaient à la cour, place de cet étonnant combat que je venais de mener. Les plus intrépides des combattants commençaient à se relever, tandis que des adversaires frais faisaient leur entrée. Je savais que me battre contre Lyoko me poserait des difficultés, mais je ne m’inquiétais désormais guère des gorilles japonais qui entraient dans l’action, ce qui aurait été tout autre autrefois. Tirant à nouveau mon katana, je repris ma position de combat. Les disciples formaient un demi-cercle en retrait autour de Lyoko. Elle avançait d’un pas assuré, son regard déterminé fixé sur le mien, l’arme le long de sa cuisse. S’arrêtant à deux mètres de moi, elle prit position, plaçant l’instrument qui devait permettre de me juger devant elle, en garde. Elle s’élança l’arme entre ses deux mains, et je pus l’accueillir, esquivant, parant ses coups. Les « gorilles » s’élançaient à leur tour, mais leur déchéance fut proportionnellement à la taille de leur musculature importante. Je réussis à combattre avec difficultés, à la fois Lyoko et les disciples, m’écartant du champ d’action de la belle, pour asséner des coups dévastateurs à mes adversaires masculins. Au bout de quinze minutes, il ne restait qu’elle et moi dans un duel sans merci. Finalement, alors qu’elle prenait de plus en plus de risque pour remporter la victoire, cela en augmentant l’amplitude de ses mouvements et l’ouverture dans sa défense, je plaçais d’un mouvement rapide mais arrêté avant son but, au niveau de sa nuque, alors que son arme pointai en direction de mon rein gauche. Ce qui faisait incontestablement de moi le vainqueur, même si l’on pouvait trouver cela comme pénalisant qu’elle touche un de mes organes vitaux. Lyoko rageuse, mais réussissant à ne laisser transparaître que l’humilité envers ma victoire, abandonna son arme au sol, et s’inclina bassement devant moi. Je la remercia pour ce combat exceptionnel, et me déplaça lentement en direction de mon maître qui s’était levé. Je savourais chaque instant de ma victoire. Une fois face à lui, je m’agenouillais, et attendais le verdict. Il parla, d’une vois dure, me félicitant pour mes résultats, mais comme il le fait toujours, il prit soin de modérer mes ardeurs, de rabrouer mon ego. M’y étant habitué, je ne me laissais pas démonter, et attendais de savoir quel était le fond de sa pensée. Il parla à l’assemblée en japonais, puis s’exprima à moi seul en anglais. Il me dit alors :

- « Tu as combattu comme un brave, tu m’as fait honneur, en démontrant que je ne suis pas un maître incapable. Tu as battu ma fille, et tous ces combattants qui maîtrisent pourtant leur discipline. Ainsi tu as démontré que tout Homme qui suit le bushido et qui est entraîné dans la voix des mono no fu, est bien plus fort et humble que les autres. Malgré que ta performance soit incomplète face à Lyoko Monamoto. »

Après avoir pris un copieux repas, qui plus est mérité, je proposais à Lyoko de profiter de la fraîcheur de la nuit, et de se reposer quelques peu dans les jardins de la propriété magnifiquement entretenue de son père, tandis que ce dernier allait dormir. L’occasion était trop belle pour discuter, faire plus ample connaissance -ce que je lui fis remarquer-, pour une fois que nous pouvions partager du temps sans nous battre, ni avoir la présence de son père qui limite nos échanges verbaux. Nous nous assîmes au bord du joli bassin bordé de lys. Elle me parla alors de la France, du peu de temps qu’elle y avait vécue, proche de Paris, les visites très rares qu’elle effectuait désormais pour aller voir en France des amies à Lille et la capitale. Elle parlait sans retenue, se confiait, et moi j’écoutais, admirant pour la première fois d’aussi près sa splendeur à la clarté lunaire, répondant brièvement. Je buvais ses paroles, et me noyais dans ses yeux. Alors vînt le tour des questions à mon égard, où je vivais, de quoi je vivais, ce que je faisais en général. Je lui annonçais que jusqu’à ce que j’embrasse la destinée de Tsuhful, j’étudiais pour devenir vétérinaire, et que désormais, je récoltais de l’argent en dispensant des cours sur le net, offrant également des services de webmaster. Elle fût enchantée d’apprendre que je vivais non loin de Lille, et que je passais voir une cousine très régulièrement à Paris. Je dus lui annoncer que grâce à Nikès, je pouvais me permettre désormais beaucoup de choses, et que je n’avais désormais plus de soucis à me faire au niveau financier, un plan jusqu’alors peu stable. Elle finit par me poser une question qui avait l’air d’affreusement l’embarrasser : si j’avais une petite amie, même des enfants. Avec un sourire fortement lié à mon orgueil, je lui annonçai que je vivais seul et sans enfants, et lui retournais la question. Mon cas était comparable au sien. Elle m’avoua n’avoir eu que très peu de petits amis, et que le dernier qu’elle avait eu s’était enfui à cause de son père qui les avait surpris en train de s’embrasser. Nous passâmes ainsi un bon moment à se connaître, à rire aux éclats, à observer la réaction de l’autre. Elle était décidément bien plus agréable ainsi, qu’avec la rage de vaincre une arme à la main. Je revint quelques instants sur notre combat de l’après-midi, elle me félicita pour mes fantastiques progrès, alors que je la remerciai pour m’avoir tant aidé pour arriver à ce résultat, et que je la considérais comme une égale, quel que soit le niveau de l’un et de l’autre. Les sujets de discussions s’élargirent, puis peu à peu, nous partîmes dans la contemplation des astres, en silence.

Là, observant la pâleur de la Lune avec cette merveilleuse créature, je me mis alors à penser que cette soirée était probablement l’une des meilleurs de ma vie. Il était plus de minuit lorsqu’elle m’arracha à mes pensées, me disant qu’il se faisait tard, qu’il était d’aller se coucher. J’accepta, et me rendit compte qu’à aucun moment elle n’avait eu froid, faisant face à la forte différence de température entre le jour et la nuit. Appréciant sa qualité commune à notre peuple, et à la fois la regrettant pour le rapprochement que cela aurait pût apporter, je souris, et me leva, l’aidant galamment à se relever, pour repartir en direction de la demeure. Après avoir discuter encore quelques minutes à la porte de sa chambre, elle s’avança avec souplesse et rapidité, m’embrassa sur la joue, et fila dans sa chambre, ne me laissant le temps que d’entendre un « sayon ara ». Amusé de ce mot composant mon surnom Tsuhful, et surtout content de ma journée, je partis me coucher dans l’autre aile du bâtiment. Je n’eus aucun mal à m’endormir et mes rêves ce soir-là furent en sa direction. Le lendemain matin, alors que je me levais plus tôt qu’à l’habituée, j’aperçu une Lyoko échevelée, dans une robe de chambre de soie, qui discutait avec la jardinière, et mon maître qui contemplait debout sa propriété très étendue. À peine avais-je aperçu ses brillants cheveux noirs dans la cuisine, qu’elle disparaissait terrorisée d’avoir était vue ainsi. Elle avait beau être une bushi, elle n’en était pas moins une femme. Ce dont je ne me plaignais guère. Son père, quelque peu distrait de sa contemplation, eut un regard amusé en direction de la porte qui s’était refermé sur elle, puis sur moi. Soudain, son regard sembla plus dur envers moi. Voyant cela, après avoir salué la jardinière -qui cela dit en passant, malgré son âge avancé était assez belle-, je m’avançais jusque mon maître, le saluais avec tout le respect qui lui était dû, et m’enquis de savoir comment il allait. Il me répondit qu’il allait comme tous les jours, bien. Mais m’emmena dans ses jardins. Après avoir parcouru une vingtaine de mètres dans les allées, il s’arrêta et me questionna. Il voulait savoir quelles étaient mes intentions envers sa fille, et ce qu’il s’était passé la veille. Je ne pus lui nier que je ne savais si avec sa fille le simple stade de l’amitié ne sera pas dépassée, ou si même nous resterons amis. Je ne pouvais rien garantir sur l’état de notre relation, ni sur mes intentions. Je lui annonçais également qu’hier était juste une discussion pour apprendre à se connaître, rien de plus. Le sage lut dans mon regard, et sans doute qu’il y vu la vérité, car il ne chercha pas à en savoir plus. Il me mit cependant en garde: en aucun cas, je n’avais le droit de faire souffrir sa fille unique. Après avoir eu mon affirmation, il s’excusa de s’être emporté et d’avoir une attitude aussi protectrice. Je comprenais aisément qu’un père, qui a pour unique fille une femme digne d’être une Vénus brune, ait tendance à la surprotéger. L’incident fut clos, nous repartîmes à l’intérieur, où je pris mon petit déjeuner. Aussi, mon maître m’annonça que je pouvais désormais être considéré comme bushi, même s’il voulait que je passe un ultime test : que je le batte en duel.

J’eus deux jours pour me reposer, et j’en ai profité pour me balader en ville et aller dans un cybercafé, prendre des nouvelles de mes camarades Tsuhfuls. Freyness passait toujours son temps dans le journalisme, et s’entraînait. Nikès continuait à gérer l’énorme capital et les propriétés de son père. En Égypte la vie suivait son cours. Lyoko se proposa de m’entraîner encore au technique de son père. Après une bonne nuit de sommeil, je me levais de bonne heure, et me préparais physiquement et mentalement à ce qui serait un combat décisif, repassant dans ma tête les meilleures méthodes pour contrer les assauts de mon maître. Le duel n’aurait normalement lieu sous l’œil d’aucun spectateur, empêchant ainsi l’humiliation à celui qui perdrait. Le combat était à armes réelles, mais pas a mort. Je pris un des magnifiques sabres que mon maître m’avait confié, et parti en direction d’une clairière à l’Est, point de rendez-vous. Le vieil homme était déjà là, en tailleur, faisant ce qui semblait être du yoga. Il se leva lentement à mon arrivée, m’observa pour juger ma forme, puis s’avança. Après que chacun de nous ait salué l’autre, sans échanger un mot, nous prîmes chacun position à trois mètres de distance. Je sortis mon katana de son fourreau, lui fit de même. À nouveau un élément de la nature devait déclencher le départ, cette fois-ci, c’était lorsque soufflerait le prochain vent. À peine l’avions-nous ressenti qu’il se jeta sur moi avec une vivacité surprenante, inapte à son âge. Ma réaction fût tout aussi rapide, et le choc de nos fines lames, produisant dans l’écho des montagnes une étrange musique aiguë. Il frappait avec fougue, sans laisser d’espace dans sa garde, il profitait de ma taille et de ma large amplitude de mouvement pour me mettre en difficulté. Je retournais ce désavantage en ma faveur, lorsque je l’attaquais par le haut. Cela faisait déjà une heure trente que nous combattions, et aucun de nous ne daignait montrer le moindre signe de faiblesse, ni n’arrivait à prendre l’avantage. Pourtant l’homme était vieux, et son expérience faisait face à ma jeunesse. Lyoko rejoignit la clairière et s’assit sur un rocher. Son père dit alors quelques mots en japonais, mais sa fille passa outre et ne bougea pas. Le combat continuait sans relâche, hormis le moment où il me désarma, et où j’eus bien du mal à rejoindre mon arme en arrière. Le vieil homme, plein de patience, ne s’énerva pas comme sa fille, il était malheureusement trop intelligent pour faire la même erreur. Nos lames s’entrecroisèrent un bon nombre de fois, et sa lame déchira mon kimono au niveau de ma cuisse, m’infligeant une éraflure, que je lui rendis en touchant de peu son épaule. Soudain, nous entreprîmes une attaque en rotation, pivotant sur nous-mêmes, nos lames s’arrêtèrent respectivement au niveau de la gorge de l’autre. L’issue du combat était donc un match nul. Mon maître s’en contenta, et me fit promettre qu’un jour nous referions ce combat, et que cette fois là l’un d’entre nous se verra obligé de gagner. Lyoko et moi discutâmes tout au long du chemin du retour, son père filant, joyeux, jusque chez lui. Elle me félicitait pour ma prestation, et m’assura que jamais elle n’était arrivée à un tel résultat. Son père m’offrit dans sa demeure le lendemain en signe de mon accomplissement, un Daisho, l’ensemble comportant le katana et le Wakisashi, ce dernier étant un katana mesurant entre trente et soixante centimètres, ainsi qu‘un tanto, un poignard.

Puis il rendit un hommage public, officialisant mon nouveau titre au dojo. J’étais désormais l’un des rares occidentaux à devenir un bushi, et je ne tardai pas à recevoir l’approbation officielle, grâce à l’influence de mon maître, de la famille impériale.

Chapitre XII : A l'Est, l'occident pose problème

Mais mon entraînement n’était pas fini pour autant, il me fallait amasser plus de technique. Et mon séjour au Japon continua. Nikès, accompagnée de Freyness, m’annonça un jour qu’ils prenaient à quatorze heures, heure française, l’avion direction le Japon. Ce qui me les faisait rejoindre à l’aéroport le lendemain matin. N’espérant ne rien pouvoir faire pour décourager Nikès, je me résignais à les accueillir le lendemain. Expliquer à Lyoko qu’une fille et un ami, tous deux tsuhfuls, devaient me rejoindre à l’improviste ainsi, ne la réjouissait pas. Elle me parut très froide la soirée, et m’adressa à peine la parole. Je partis donc de bonne heure au matin, et me fit conduire à l’aéroport de Tokyo. Je réussis à récupérer un Freyness ébahi par tant d’animation et de technologie dans une ville, et également par tant de jolies asiatiques, ainsi qu’une Nikès excentrique complètement excitée par son arrivée ici. Après les avoir ramenés dans ce qui semblait être pour eux un trou perdu, le chauffeur emprunta le chemin de terre qui menait à la demeure Monamoto. Nikès n’avait pas l’air d’être heureuse d’avoir quitté la capitale japonaise pour cet endroit pourtant au cadre magnifique, mais son humeur sembla légèrement s’améliorer en apercevant la demeure qui devait les accueillir. Ce ne fut pas Lyoko qui ouvrit la porte, mais l’hôte de la bâtisse, mon maître, Aykashi Monamoto. Il arborait un sourire étrange pour la personne, ce qui dénotait à nouveau sa xénophobie des occidentaux. Malgré cela il accueillait mes amis comme les siens. Lyoko fit son entrée, resplendissante dans sa robe, mais le fait de voir une blonde grecque dans une robe tout aussi belle, munie de tous les bijoux que jamais elle n‘aurait pu se permettre de s’offrir, avait l’air de la mettre dans une rage, une jalousie intérieure folle, mais elle ne laissa néanmoins rien paraître, mais le regard qu‘elle m’adressa suffit à me refroidir, m’annonçant que j’aurai à parler, et qu’elle me le revaudrait. Il nous servit les meilleurs plats traditionnels de son pays. La discussion, en anglais naturellement -ce qui poussa Freyness a se renfermer un peu sur lui-même-, passa sur tous les sujets, et mon maître s’y prêta volontiers, moment où pour la première fois je le voyais être comme tout le monde, moins sérieux. Nikès parlait culture natale avec mon maître, et Freyness, passé le choc admiratif envers Lyoko, tentait tant bien que mal d’avoir une discussion avec elle sans rougir ni bafouiller, dans un langage mêlant anglais et français. Lyoko très loin d’être décontenancée, lui parlait avec patience, peu en français car elle ne la parlait pas très bien. Je participais tantôt à la conversion de mon maître, tantôt à celle de mon Frère, l’aidant dans son vocabulaire. Il parlait décidément mieux l’Arabe, et se complaisait dans sa langue natale. Mon séjour au Japon m’avait permis d’apprendre quelques notions du japonais, mais je ne savais ni le lire ni l’écrire. Après cette très bonne soirée, je quittai la demeure dans laquelle j’avais passé tellement de temps, pour dormir à l’hôtel avec mes amis. Nous devions partir le lendemain pour Tokyo, et Lyoko avait insisté malgré la résistance de son père, pour nous accompagner. Aykashi n’avait put refuser cela à sa fille unique qui vivait tout le temps ici. Le chauffeur et garde du corps de Nikès nous avait maintenant rejoins, accompagné d’un autre garde du corps. Ils nous attendaient tous deux en bas de l’hôtel, après être passé récupérer Lyoko chez elle. Lorsque tout le monde fut prêt, le second garde du corps inspecta sous la voiture avant de démarrer, pour s’assurer qu’aucun poseur de bombe en voulant à Nikès n’avait échappé à leur vigilance. Nous démarrâmes en trombe à bord de cette limousine, où l’espace à l’arrière ne manquait pas pour quatre jeunes tsuhfuls qui partait en balade à la capitale.

La longueur du trajet nous permis de longues discussions, et Nikès qui ne manquait pas une occasion de faire étalage de la fortune familiale, énerva quelque peu Lyoko, qui se calma, sachant l’importance qu’elle avait pour le Peuple. Nous achetâmes beaucoup de choses, Nikès achetant des objets dans le style traditionnel, et tout comme Lyoko, renouvelant sa garde robe, Freyness ne dépensa que très peu, hormis pour un daisho, ne pouvant résister à cela depuis que j’en possédais un. Hormis le fait que le mien était véritable et forgé pour avoir une lame la plus pure possible. Pour ma part, je me permis de me faire livrer à mon adresse en France, de très bonnes technologies à prix bas : de nouveaux ordinateurs pour me permettre de stocker toutes mes informations, et deux Pads pour accéder à ses données via le wi-fi, et cela partout. Nous décidâmes en soirée, qu’il serait bien plus intéressant d’aller dîner au restaurant, puis d’aller en boîte, pour enfin finir dans un hôtel de la capitale, si nous ne faisions pas nuit blanche. Le dîner se passa fort bien, et étant donné que tout le monde présent était comme mon hôte, je payai l’addition, qui après les frasques de Nikès, et l’appétit de Freyness, était ce que l’on peut dire avec raison, salée. Lyoko nous conduisit dans l’une des boîtes les plus branchées, ce qui me parut étonnant, pour une fille vivant aussi loin, et avec un père aussi stricte. La remarque que je lui fis, lui arracha un sourire mais je ne pus en savoir plus. Éreinté par les danses au milieu du peuple des petits japonais très énergiques, je m’assis au côté de Freyness, en grande discussion avec Nikès. Tous les deux m’avaient l’air bien parti pour s’entendre plus que ça, et le jeu de mon ami, bien qu’évident, ne semblait pas déplaire à notre bienfaitrice grecque. Lyoko revint une dizaine de minutes plus tard, avec une de ses amies et son petit ami, habitant tous deux dans la capitale. Elle me prévint qu’ils n’étaient pas tsuhfuls, ce qui nous empêchait de discuter tranquillement, à travers le vacarme, de tout cela. L’état de Freyness était déplorable après ses quatre vodka, et heureusement que nous envisagions de passer la nuit là. Nous déambulâmes dans les rues, observant les magasins illuminés, ivres de tant d’animosité, hormis pour Freyness. Alors que nous passions dans l’une des nombreuses ruelles séparant les grandes avenues, une équipe de motards passa, et mitrailla en tout sens. Lyoko n’eut aucune difficulté à y échapper, plongeant aussitôt derrière de vieux cartons et sacs poubelles. Freyness, perdant mon appuis, s’effondra tout simplement et les balles l’évitèrent plus que lui ne les évita, je réussis à attraper Nikès qui courait en tout sens pour s’échapper, prise de panique, je plongeais en même temps qu’une salve essayait de m’atteindre, emmenant dans mon sillage Nikès derrière une benne. Non content d’avoir séparé et paniqué notre groupe, les motards firent demi-tour au bout de la rue, et revinrent à l’assaut. Je pris une barre de fer au sol, et me jetant sur le premier des assaillants, fracassa son casque en le projetant au sol. Le second, déjouant ma vigilance, poursuivait Nikès, l’emmenant jusqu’au bout de la rue. Il ne cherchait visiblement pas à la tuer. Je courus, dans le fol espoir de les rattraper, mais le premier motard s’était relevé, et maintenant seulement armé de ce que je verrai plus tard, un Hakler & Kosh, tira par trois fois. La distance qui nous séparait, ma course, et surtout le fait qu’il ait été salement sonné par mes soins, lui firent rater le premier et le troisième. Le second et peu appréciable projectile s’était fiché dans ma dernière côte gauche, manquant de trois centimètres ma colonne, n’allant pas plus loin dans ma chair. Dix secondes plus tard et une main complètement brisée, il était au sol, assommé, un tando pointé sur sa gorge. Lyoko avait réagi rapidement, trop tard pour me toucher, mais suffisamment pour qu’il ne fasse pas plus de dégâts. Je me relevai péniblement, et reprenait ma course, sans remarquer que le pire était déjà fait : Nikès avait disparu au bout de la rue, le second motard également. Après avoir constaté que pour l’instant nous ne pouvions plus rien faire, Lyoko releva Freyness, le soutint jusqu’au magasin le plus proche, tandis que je me traînais lentement derrière, me tenant dans une posture étrange due à la douleur d’une position complètement droite face à cette blessure, le Hakler & Kosh dans la ceinture, et le pistolet mitrailleur qu‘il avait laissé tombé, était maintenant pointé sur lui. Freyness semblait avoir quelque peu dessoûlé, après avoir assisté à ces événements choquants. Les secours arrivèrent, m’emportèrent, ainsi que mes deux amis, et la police emporta notre dangereux motard. La soirée n’avait pas été aussi parfaite que je le pensais. Mon maître ne fut prévenu que le lendemain du déroulement de la soirée, et sa rage n’était pas descendue, ni cachée lorsqu’il entra dans ma chambre d’hôpital. Je ne pouvais répliquer avec justesse, car il était arrivé que cela faisait dix minutes à peine que j’étais sorti de mon sommeil artificiel. La balle était posée sur la table de chevet à côté de moi, et un médecin devait passer pour faire un bilan. Lyoko avait veillé dans ma chambre, jusqu’à ce que je revienne de la salle d’opération, et après son coup de fil avec son père, n’arrivait pas à avoir le sourire. La rage de Aykashi était sans borne, et sa fille, qu’il jugeait inconsciente, n’était selon lui plus prête de revoir Tokyo. Il s’énerva aussi contre moi, mais le peu de mots composant mes réponses que je lui donnais pour nous défendre, suffisait à le détourner de moi pour revenir à sa fille, et inlassablement je devais répéter les mêmes choses. Lorsque enfin sa colère retomba, Lyoko retenait ses larmes. La rage de son père était apparemment une des rares choses qui pouvait l’amener à en verser. Il s’excusa pour sa colère, et demanda le plus de détails possibles. Touts les évènements lui furent racontés. Il se plongea alors dans ses pensées et ne prononça mot jusqu’à l’arrivée du médecin. Celui-ci fit le rapport de mes analyses sanguines, des radiographies et de l’opération. Il m’annonça, qu’il lui semblait qu’étonnamment, mon organisme avait réagi aussitôt, en multipliant mon nombre de plaquettes, et me signala également que la cicatrisation de ma plaie avait déjà commencé quand j’étais arrivé. Il était donc agréablement surpris, et démontrait l’envie d’en savoir plus, me posant une foule de questions, auxquelles répliquaient mes élucidations. Il ne se faisait en tout cas aucun soucis qu’en à mon rétablissement, mais ne pouvait garantir que je mettrai réellement deux semaines à cicatriser. L’opération s’était bien déroulée, et il était appréciable que la balle n’ait pas continué son chemin. Ça m’était douloureux, mais je devais retourner au plus tôt pour enquêter avec mon maître et Lyoko, pour retrouver Nikès. Freyness était désemparé, et il était prêt à se jeter dans la rue, arme à la main, pour la retrouver. Il semblait s’y être beaucoup attaché, bien plus qu’il n’avait voulu le laisser paraître. Après l’avoir raisonné, et avoir convaincu les médecins, grâce à la renommée nationale de la famille Monamoto, nous rejoignîmes la demeure de mon maître, je passa plusieurs coups de fil, pour me faire livrer le plus tôt possible les ordinateurs que j’avais commandés, non pas chez moi, mais chez Monamoto. Je discutais avec Aykashi pour savoir si les Yakusa n’étaient pas dans l’affaire, mais mon maître ne voyait pas pourquoi ces hommes en voudraient à Nikès. Je pris la résolution d’appeler le père de Nikès, en Grèce, bien que je ne comprendrais pas un traître mot de ce qu’il dirait, j’espérais qu’un homme d’affaire aussi important parlerait anglais, ou au moins aurait un traducteur. J’eus d’abord un de ses domestiques, qui me passa enfin son maître. Celui-ci était peu enclin à parler anglais, mais il se débrouillait raisonnablement. Il était abasourdi, une fois le premier choc passé, il se ressaisit, et me posa une foule de questions, à l’image de mon maître. Lorsque je lui eus donné toutes les maigres informations dont nous disposions, il se mit à m’insulter de pour mon incompétence, l’inconscience dont j’ai fais preuve en emmenant sa fille dans des endroits malfamés. Je gardais mon calme, ce qui lui fit penser à force que je me fichais de ce qui arrivait à cette pauvre demoiselle, pour lui expliquer que nous étions sur place, et que nous disposions d’énorme moyen technique. Je lui conseillais donc de nous informer si le groupe le contactait. Le lendemain, mon maître revint avec des nouvelles troublantes. Le motard que nous avions arrêtés, s’était pendu pour ne rien divulguer, pour échapper à la prison, et peut-être à la colère de ses employeurs à sa sortie. Malheureusement pour lui, le nombre de ses tatouages et la dernière phalange de son auriculaire manquante, celui de sa main brisée, indiquaient clairement qu’il faisait parti des Yakusa. Nous ne pensions pas savoir comment retrouver cette mafia sans y laisser notre vie, et celle de notre amie. Les Yakusa nous contactèrent, en abandonnant sur le seuil de la demeure Monamoto une longue boîte d’environ soixante centimètres, contenant un mot nous expliquant qui étaient les auteurs de l’enlèvement et qu’ils nous contacteraient par le biais du téléphone satellite placé dans la boîte également. Ce fut mon maître qui décrocha, mais après quelques échanges, il se tourna vers moi et me tandis l’appareil d’un air inquiet. Je pris doucement le combiné, et posa délicatement le combiné sur mon oreille, et je lançai un « bonjour » japonais en maîtrisant ma voix haletante. La voix me répondit en anglais, d’une voix déformée par leur machinerie :

- Mr Sayonara? Orso Sayonara?

- C’est bien lui.

- Oui, il en aurait été déconseillé à votre maître de ne pas exécuter nos ordres. Je suis là pour vous expliquer certains points concernant, disons … le colis grec.

- Ayez au moins l’obligeance de la traitez comme une femme le mérite.

- Évitez de m’interrompre je vous prie Mr. Vous n’avez pas les moyens de négocier, ni de gagner du temps. Je vais être clair. Naturellement, aucun contact avec la police, deuxièmement, aucune recherche dangereuse à notre sujet ou sur celui de Mlle ici présente. Toute tentative que nous repérerons, sera durement réprimée, vous vous en doutez fort bien. Troisièmement, nous avons besoin de certains financements, de la part de son père. Mes commanditaires me signalent également, que nous livrerons, en contrepartie de l’argent, qu’à la seule condition que la jeune Monamoto nous soit livré.

- Vous rendez-vous compte que les termes de votre accords sont inacceptable? L’argent ne vous suffit pas? Que voulez-vous au Monamoto?

N’étant nullement dérangé par mon soudain accès de colère, il reprit de la même voix calme et mécanisée :

- Oh. Vous serez forcés de les acceptés mon cher, et l’argent n’est qu’un moyen de subsister. Les Monamoto sont très riches, ne le saviez-vous donc pas? Mais malgré le rapprochement qu’ont constaté mes espions entre la jolie Lyoko et vous -à ce propos vous avez d’excellent goûts-, je me dois d’obéir aux ordres, et de la séparer de vous pour des raisons que je ne connais pas, ais je sais qu’elle détient des informations capitales, tout comme vous.

- Je vois, vos chefs sont très bien informés. Ils le sont peut-être autant que je le suis.

- Allons, vous nous sous-estimés. Maintenant je dois vous laisser. Mais n’oubliez pas, aucun contact extérieur sur cette affaire. Nous vous re-contacterons, et nous nous chargeons d’avoir une discussion avec ce brave milliardaire.

La communication fut coupée aussitôt. Je posais lentement le téléphone, n’osant plus lever la tête, ne voulant ni affronter le regard de Lyoko, ni le cruel dilemme qui se posait face à nous : livrer Lyoko, ou bien ne rien faire et mener Nikès à une mort certaine.

Freyness sortit soudain de son silence, ne parlant pas très couramment l’anglais, il n’avait put suivre qu’une petite partie de la conversation, mais les visages désormais consternés qu’affichaient les deux japonais, et mon attitude, ne le rassurait guère. Il hurla alors en français, me prenant par les épaules, me secouant violemment :

- Dis moi ce qu’ils ont dit! Dis moi ce qui se passe ! Je te l’ordonne! Qu’arrive-t-il à Nikès? Où est-elle?

Ce fut le sage qui lui répondit :

- Calmes toi jeune Tsuhful. Nous ne savons pas où elle est. Je suppose pour l’instant qu’elle va parfaitement bien, et qu’elle doit être enfermé dans un entrepôt, ou bien dans l’une des nombreuses cachettes du clan Yakusa.

Sachant très bien que Freyness allait répondre désagréablement à la prise de parole en anglais de mon maître, je lui dis à mon tour :

- L’homme à qui j’ai parlé, est un Yakusa, mais ce n’est pas lui qui donne les ordres. C’était un banal sous-fifre. Ils vont contacter le père de Nikès en Grèce, pour demander une somme d’argent, probablement colossale en échange de sa …

- Mais c’est scandaleux! Les pourris!

- Laisses moi finir mon vieil ami. Ils veulent également Lyoko en échange, elle et toutes les informations qu’elles possèdent. Ainsi bien entendu qu’une méthode de pression sur son père. Cette condition est obligatoire, aucune chance de négocier.

Lyoko, triste mais fière, pris à son tour la parole :

- Je suis d’accord pour y aller, je suis entraînée. Je résisterai à la douleur, grâce à mes origines, et trouverai un moyen de m’enfuir.

- Ne compte pas là-dessus Lyoko, répondis-je. Tu ne supporteras pas longtemps les tortures que ces fous sans âmes t’infligeront. Et je crains que tu n’arriveras pas à quitter ton lieu de détention, si toutefois il te laisse en vie très longtemps.

Le maître prit alors à nouveau la parole, mais son ton cette fois ci était plus catégorique et colérique :

- Jamais je ne livrerai ma fille à ces barbares sanguinaires ! Elle est tout ce que je possède dont je ne peux me séparer ! Pourquoi ne me prennent-ils pas plutôt?

- Vous êtes plus dangereux que votre fille. Et peut-être craignent-ils que vous mettiez fin à vos jours sans dévoiler la moindre information. Ils doivent avoir tout calculé avant d’effectuer leur coup, maître.

Freyness était depuis un certain temps dans l’incompréhension totale, n’arrivant pas à suivre la conversation dans cet anglais aussi bon. Mes mois à vivre ici et à parler en anglais, m’avaient permis de me perfectionner encore plus, mais désormais, nous étions deux à ne plus pouvoir suivre. Une conversation houleuse en japonais était née entre le père et la fille. Lyoko défendait apparemment avec ardeur ses opinions, et son père buté, n’avait pas l’air d’y prêter la moindre importance. Puis tout ce calma, et le silence revint. Plus personne n’osait reprendre la parole. Freyness qui gardait une attitude renfrogné et pensive depuis lors, se releva soudain et m’annonça en français, qu’il allait tout faire pour la retrouver. Il contrôlait à peine ses nerfs, et son entraînement ne lui permettrai pas de survivre face à des yakusa aussi bien fournis en armes que le Hezbollah ou le Hamas. Lyoko s’approcha alors de lui, lui serra doucement les épaules, l’aida à se rasseoir, et lui dit :

- Tu es admirable, autant pour ton inconscience face au danger, que pour l’amour dont tu fais preuve. Mais ne t’inquiètes pas, nous sommes là, et nous allons tout faire pour la retrouver et mettre à mal ces idiots. Il faut agir vite, mais bien.

- En clair il te faut agir comme un samouraï, et crois-moi, tu es comme moi, tu as ça dans le sang.

Cette dernière réplique de ma part, arracha un sourire à mon ami.

Je fis aussitôt que je le pus, grâce à mon matériel neuf, une triangulation des différentes planques recensées lors des excursions de la police contre ce clan. Les zones étaient assez éparpillées, mais ils semblaient concentrer leurs activités sur les points stratégiques de transports et dans l’Est de la cité. C’est donc par là que j’allais commencer mes recherches. De son côté, Freyness, grâce aux techniques de pisteur Massaï qu’il avait apprit, allait essayer de conduire Aykashi jusqu’aux espions qui nous observaient sans aucun doute depuis un certain temps. Lyoko comptait faire appel à des amis discrets pour obtenir le plus de renseignements utiles possibles. J’étais sur l’un des cinq ordinateurs en réseau nouvellement installés, envoyant des mails aux amis bushi de mon maître susceptible de nous aider dans notre mission, tandis que l’un était connecté aux informations mondiales 24 h/24, et que les trois autres recherchais tout ce qui m’était disponible sur les Yakusa, la famille de Nikès, les différents rapports de police et casiers judiciaires de membre de cette organisation. Les ordinateurs étaient des bécanes infernales, me permettant de pirater jusqu’au serveur du F.B.I., mais en absence de logiciel approprié, je ne pourrai pas dissimuler mon passage, et passer mon temps en prison n’aiderai pas Nikès. Je me servis donc d’un petit piratage pour retrouver le plus d’informations possibles. Alors que j’effectuai tout ceci, une sentinelle à deux kilomètres environs de ma position, observait au travers de ses jumelles. L’homme posté, prononça quelques mots en japonais, puis sortit son talkie-walkie avec sa main droite à laquelle manquait une phalange auriculaire. Il allait l’enclencher, qu’il reçut un coup de batte qui le lui fit lâcher. Puis se relevant, il se retourna en même temps qu’il sortit son arme de poing, avant même d’avoir put viser, une lame lui trancha la gorge, et l’homme s’effondra en quelques instants. Maître Monamoto venait de se débarrasser de ce qui semblait être la dernière sentinelle qui surveillait sa demeure. Freyness, sa précieuse batte posé sur son épaule dans une attitude fière, souriait. Il était sans nul doute heureux d’avoir achevé cette besogne. Ma tâche achevée, étant seul dans la bâtisse, je partis me servir un gin. Je n’eus pas le temps d’y parvenir, le téléphone sonna. J’y allais donc, espérant que l’émetteur n’était pas japonais. Je décrochais le combiné, et la voix de Lyoko résonna à mes oreilles. Elle sut tout de suite que c’était moi, elle parla en anglais, d’une voix anxieuse. Elle avait trouvé un contact sachant des informations importantes, et elle nous demandait de la rejoindre pour ensuite aller à son point de rendez-vous. À peine avais-je répondu par l’affirmative, que j’entendis un bruit de pas à quelques mètres derrière moi. Le combiné toujours à l’oreille, je me retournai, commençant à annoncer que nous devions partir au plus vite. Mais ce n’était pas quelqu’un que j’attendais. C’était un japonais à l’air mauvais, un hustler dans une main, sa chemise moulante le rendait presque grotesque malgré ses larges muscles qu’elle laissait apparaître. L’homme ne prononça pas un mot, mais tandis que j’amorçai un geste discret pour m’emparer de mon tanto, dans ma ceinture derrière mon dos, il se avança en m’apercevant, et remua dangereusement son arme, en signe que je devais cesser mon action. Il me fit déposer mon arme sur le sol, et m’asseoir dans l’un des fauteuils. Il restait debout, me fixant, attendant. Soudain, brisant le silence, son mobile sonna. Il décrocha, discuta quelques instants avec son interlocuteur, puis me le passa. C’était la même voix étrange que la dernière fois:

- Vous nous avez désobéi Orso. Nous avons repéré les investigations de mademoiselle Monamoto. Et nous sommes sûres qu’elle n’agit pas seule, étant donné qu’elle vient de vous appeler.

- Que lui avez vous fait? Elle ne fait que se renseigner sur vous, savoir vos modes opératoires. Mieux connaître son adversaire, cela nous permet d’empêcher toute traîtrise de votre part.

- Parce que vous prétendez que c’est nous qui ne tenons pas parole? Pour l’instant, Lyoko n’a rien, mes hommes se contentent de la suivre. Mais nous allons devoir la récupérer si cela continue.

- Si vous ne l’avez pas encore fait, et que vous recourez à ce troc, c’est que vous ne pouvez le faire directement, peut-être craignez-vous d’ y laisser des hommes, comme la dernière fois?

- Cela ne vous regarde pas. Et moi non plus d’ailleurs, je suis sommé d’obéir aux ordres. Et vous également.

- Nous verrons, pour l’instant, l’un de vos homme, pas très commode je l’avoue, m’a en joue. Et je tiens à vous signaler qu’il n’a pas l’air disposer à me laisser tranquille. Que comptez-vous faire?

- Oh moins rien Mr. Mais lui compte bien attendre vos camarades, qui sont je ne sais où et semble avoir échapper à la vigilance de nos sentinelles. Ensuite nous aviserons, Lyoko sera bien obligé de se rendre quand elle vous saura tous prisonnier.

- Vous espérez, avec un seul homme, séquestrer dans sa propre maison, Aykashi Monamoto? En plus de mon ami, et moi, à qui il a enseigné le bushido et les arts martiaux?

- Vous ne connaissez pas l’homme en face de vous Orso. Maintenant je vous laisse, au plaisir de vous reparler, et surtout, pas de tentative vaine.

Sans un mot, je rendis le téléphone à son propriétaire, Il fit de même, toujours pointant son arme sur moi. On entendit soudain un bruit provenant de la cuisine, communiquant avec la serre. La porte s’ouvrit, et la jardinière apparut. Ne remarquant pas tout de suite la situation désastreuse dans laquelle elle venait d’apparaître, elle dit un joyeux bonjour. Puis ses yeux se posèrent sur l’arme à la main de l’homme. L’action ne s’était déroulée qu’en quelques secondes, et la réaction de la vieille femme en fut plus rapide. Elle reparti d’où elle venait, refermant la porte derrière elle, le japonais s’élança à sa suite. Je fis de même, récupérant mon tanto au sol. En arrivant dans la serre, l’homme la poursuivait toujours. Elle était désormais bloquée dans le coin gauche, sans issue, l’homme marchait désormais, avançant lentement, le sourire aux lèvres, provoquant une frayeur incommensurable chez l’employée. J’arrivais derrière lui un peu trop vite, et le bruit de ma course parvint à ses oreilles, j’eus à peine le temps de plonger sous une des tables, qu’un pot où poussait des orchidées explosait juste derrière moi. La jardinière rampa lentement, et l’homme ne vit pas sa lente fuite désespérée, alors qu’il me cherchait sous les tables. Son regard se porta alors vers l’endroit où il avait abandonné la femme. Voyant qu’il allait la voir, je me précipitai hors de ma cachette, attrapant un pot, grimpant sur la table, et je lui lançai le maigre projectile. L’atteignant dans le dos, c’est à peine si cela lui fit mal. Il pointa son arme, et manqua à nouveau de peu sa cible. Mes acrobaties m’étaient douloureuses. Ma dernière blessure n’était pas encore guérie, et je risquai déjà d’en récolter une autre. Je continuai mon manège, jusqu’à ce que je récupère un sécateur, que j’accrocha à ma ceinture et me faisait désormais discret. J’essayais de me rapprocher silencieusement, pour lui asséner un coup qui le mettrai à bas. Soudain, la jardinière, brandissant un gros pot dans lequel un cactus de quarante centimètres s’épanouissait, asséna sur le sommet de son crâne un violent coup, brisant le pot, et laissant tomber le cactus sur lui. Il se retourna, furieux, lui envoyant un violent crochet dans la mâchoire. La femme était au sol, complètement sonnée. À mon tour furieux par ses exactions, je lançai mon tanto en sa direction, la lame pénétrant sa chair au niveau du rein droit. Sa rage était énorme, il retira le couteau aussi sec que je lui avais planté, et partit dans ma direction pour se venger. Je réussis à rejoindre la cuisine, puis le salon, l’homme enragé, entra à son tour, je lui sautais dessus, et lui enfonçant les deux lames du sécateur dans le thorax, le projeta à terre. Il se releva péniblement, et à peine son arme fut-elle pontée sur moi, que je fis un petit pas de danse, faisant un tour complet sur moi même me décalant d’un mètre sur la gauche. Il tira, mais à l’ancienne place où j’étais, et je donnais du sécateur partout où je pouvais. Alors que j’entaillais sa main, il lâchait enfin son arme, et je n’eus aucun mal alors avec les techniques qui m’avaient été enseignées, à le projeter au sol. Je ramassis son arme, et pointai le hustler sur l’homme sanguinolent. Il n’osait désormais plus bouger. Sa main désarmée était noyée par le sang. J’entendis à nouveau quelqu’un arriver, et me retournai à demi, en prenant bien soin de pouvoir garder un œil sur le japonais. Je fus rassuré de voir que ce n’était que Freyness et mon maître, abasourdi par le chaos qui régnait, et le sang qui emplissait la maison de mon maître. Je lançais l’habituelle phrase :

- La cavalerie arrive toujours après la bataille, n’est-ce pas?

Chapitre XIII : Service de nettoyage en action

Ma plaie s’était rouverte au cours du combat, et la fidèle jardinière une fois réanimée, arrangea la tout. Mon étonnement quoique fugace, fut évanoui par les explications de Aykashi : elle n’était pas simplement sa jardinière, mais savait faire bien d’autres choses, lui évitant ainsi les hôpitaux où les questions peuvent être dérangeantes. Aussitôt que mes deux camarades furent mis au courant de la situation, le maître pris les choses en main. Il gardait son sang froid, dissimulant son inquiétude pour sa fille. Nous partîmes aussitôt dans sa voiture, et rejoignîmes Lyoko au lieu qu’elle m’avait indiqué. Inquiets de ne pas la trouver, nous nous engageâmes dans une ruelle proche. Le maître était inquiet, mais il le serait plus encore si je lui avais annoncé qu’elle était filée par des Yakusa. Nous y trouvâmes, deux hommes, assommés. Soudain, nous fûmes tout trois surpris d’entendre derrière nous une voix. Lyoko attendais juste derrière nous. Elle nous expliqua qu’entre temps elle avait fait une reconnaissance, et que ces deux là n’avait pas échappé longtemps à sa vigilance. Nous reprîmes la voiture, cette fois-ci en compagnie de la jeune demoiselle, en direction de l’endroit qu’elle nous indiquait. Elle nous mena dans un quartier où par bien des côtés il semblait mal famé. Nous abonnâmes la voiture un peu plus loin, et nous prîmes l’escalier de secours à l’arrière de l’immeuble où elle voulait nous faire pénétrer. Arrivés à la fenêtre du deuxième, elle se prépara à utiliser tout son savoir faire pour l’ouvrir en silence. C’est alors que Freyness, vivace, prit les choses en main. Il l’ouvrit en deux temps, trois mouvements, sous les yeux ébahis des deux japonais. Après un sourire gêné et un haussement d’épaules, il laissa la place à Aykashi. Ce dernier pénétra sans br