Voici la belle, mais toutefois sombre, histoire du monde de Düür 'Lan, vaste planète peuplée d'êtres tous plus étonnants les uns que les autres, organisés pour beaucoup autour d'un système démocratique très évolué sur son principal continent, Dikit,. Vivez auprès de ses héros, les péripéties et nombreuses batailles pour sauver le territoire et l'Eternité Blanche.

 

 
 
 
 

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I Le commencement

Au temps où la magie et les créatures en tous genres étaient choses courantes sur cette immense et fertile terre; au temps même où Dragons, Humains, Günjâks et quelque fois même les trolls, étaient maîtres, cohabitant dans une harmonie fragile mais séculaires; vivait le jeune seigneur dragon Drake dit le Sage, dirigeant du territoire d’ Avaelis. L’And, capitale de ce territoire, portait pour nom Zanark. Les territoire étaient dirigés selon les régions, soit par des Humains, soit par des Dragons, soit par des Günjâks, quoique ces derniers dirigeaient peu car ils pensaient surtout au pouvoir personnel,  ou soit par des trolles, qui eux pensaient plus à boire et à se battre.

Le Conseil des Alunis, conseil réunissant les dirigeants des grands territoires et des continents présidé par Irosis, faisait une réunion spéciale et impromptue sur la question de la menace permanente des Akars qui, avec l’aide de séparatistes humains et trolls, rassemblaient des troupes armées aux portes des territoires civilisés. L’humain Daros rappela les faits des Akars, espèce qui depuis longtemps cherchait à dominer les territoires et s’opposait à L’Éternité Blanche, ou l’Alliance des Trois Races :

- Nous rappelons en ce début de séance les faits commis par les Akars ainsi que les séparatistes contre notre alliance séculaire : attentats à l’aide de la magie sur nos concitoyens, attaques répétées sur des patrouilles et sur des bases militaires, pillages commerciaux et culturels, ainsi que nombres de crimes, et, contre le Conseil des Alunis, assassinats de six dirigeants humains, deux dirigeants Günjâks et celui de votre regretté prédécesseur, Maître Irosis, le Seigneur dragon Trak’Nar.

- Merci Daros, reprit le dragon Irosis.

Puis, s’adressant à tous :

- Nous sommes tous aujourd’hui réunis en ce lieu pour délibérer de l’opération nécessaire en rapport au récentes attaques des Akars, faisant de plus en plus de sympathisants trolls et humains. Je vous prie d’avancer chacun vos arguments, pour que nous puissions terminer au plus vite après vote la séance et ainsi, si il le faut, lancer la loi.

Le Conseil des Alunis, lorsqu’il tenait une séance de cette importance, restait à délibérer parfois pendant plusieurs jours; pour résoudre ce problème, ils n’eurent besoin que de sept heures, car pour eux la décision était simpliste, il fallait juste décider de la solution à utiliser.

Le lendemain, le serviteur Lutis tire avec une extrême précaution son maître Drake du sommeil du juste. Après moult grognement manifestants sont mécontentements, le seigneur daigne se lever et écouter son serviteur.

- Excusez-moi de vous tirez de votre sommeil que vous n’aimez quitter que de votre plein grès, mais un message est arrivé ce matin, son porteur a refusé de me remettre le message, il est soi-disant “ très important et uniquement pour le seigneur Drake d’Avaelis ”.

- Allons voir cela et je jugerai si c’est important.

Il joignit après un petit-déjeuner “frugal” - il n’a mangé que deux moutons, une vache et une flopée de volailles-, la grande salle de siège où il reçoit habituellement tous visiteurs.

- Seigneur, vous avez un message de la plus haute importance de la part du Conseil des Alunis, s’empressa de dire le messager aussitôt son entrée; je vous prie d’apposer votre sceau ici et le message sera à vous.

Le messager avait un air froid, il n’était pas non plus impressionné par le fait qu’il délivré un message important, dénotant son professionnalisme et sûrement son habitude de ce genre de message, peut-être même son dédain pour le seigneur, et surtout la colère de l’attente interminable a côté d’un ambassadeur troll puant, comme à la régulière. Il lui tendit un parchemin que Drake marqua magistralement de son sceau, le messager lui délivra le message avant de quitter la salle, cet écrit s’exposant en ces termes :

 

DÉCRET DU CONSEIL DES ALUNIS DU 106 DE L’AN 5237

 

Le conseil des Alunis a décidé au cours d’une séance exceptionnelle

effectuée le 105 de l’an 5237 ceci :

_ Aucun Akar n’est autorisé à circuler librement sauf si il bénéficie déjà

d’un “sauveur”, formulaire le reconnaissant comme membre de notre

société, ou s’il bénéficie de la protection qu’impose les ambassades et

métiers de lois. Tout Akar en irrégularité ou séparatiste avéré devra

être mis aux fers jusqu’à décision de sa dangerosité, ou de son passage

en justice, ou de son expulsion.

_ Les seigneurs de tous les territoires ont pour mission de lever une

armée prête à défendre les ands et autres cités. La surveillance dans

les villes sera accentuée et les grandes villes ne possédant pas

d’enceinte devront en créer une si elle sont dans la bordure

extérieure. Tous les Akars rebelles devront êtres dénoncés.

_ La levée d’un impôt de guerre de dix Loos et la formation de gardes

spéciaux doivent être effectués d’ici un quart de cycle lunaire.

_ Les limites territoriales entre la domination barbares et notre Empire

démocratique doivent être réinvesties, ainsi les kraks des chevaliers

doivent être prêts au combat avec un minimum de dix milles unités.

_ La nécessité de faire le stock de provisions, d’armes et de

matériaux en vu de guerre et de sièges probables

- Et bien voilà un décret court mais lourd de conséquence!

Drake l’ayant lu à haute voix était étonné de n’avoir été convoqué au conseil et de n’être pas au courant des mesures radicales prises.

- On dirait presque que c’est moi qui est requis ces amendements! Je sens que la publication va jeter une panique et le doute chez nos concitoyens, et une fureur pour les partisans des Akars.

- Seigneur, ne trouvez-vous pas que la manière dont ces écrits sont formulés est plutôt brusque et inquiétante?

- Oui, c’est à nous de le modifier je suppose pour qu’il passe en douceur; à mon avis, il faut se préparer tout de suite, ça a l’air sérieux, je vais enfin avoir de l’action, ça doit faire quarante ans que je n’est pas été au combat, va falloir m’entraîner mon vieux!

- Mgr, puis-je me permettre de vous dire que lorsque vous pensez à la guerre, vous retrouvez vos deux cent ans et votre vocabulaire courant?

- Je sais. Fais ce qu’il faut pour placarder sur tout les murs de la ville cet édit, prépares le recrutement pour demain après-midi, je vais m’occuper de nos généraux.

- Bien seigneur Drake.

- Tu ne comprendra jamais que quand il n’y a rien d’officiel appelle moi Drake! Et je veux l’édit en ville demain matin!

- Comme mon seigneur voudra ...

Après une réunion exposant les caractéristiques de l’édit à ces généraux, Drake termina par “l’idée d’une attente interminable que cela commence!”.

Le lendemain, les citadins de Zanark étaient partagés entre étonnement et mécontentement. Le trouble qui régnait aujourd’hui dans l’empire était sans précédent, et nombres de citadins -ceux qui étaient les plus pauvres-, manifestèrent contre l’impôt certes peu imposant de dix Loos, mais suffisant pour augmenter déjà les charges. Comme l’avait prévu Drake, l’après-midi, nombres de patriotiques sont venus s’engager, trois quartiers entiers traversant la ville de Zanark pour s’inscrire, englobant au passage de nouvelles recrues, ils arrivèrent au nombre environnant de 5300 et demandèrent aux recruteurs amusés mais reconnaissants des formulaires d’engagement pour tous.

Les gardes spéciaux que quémandait le Conseil des Alunis étaient en réalité des gardiens des temples, des postes clés et gardes du corps des seigneurs et généraux. Ils furent recrutés parmi les soldats expérimentés et formés en une semaine, néanmoins une formation de trois heures tout les jours jusqu’à nouvel ordre était exigée pour compléter leur courte formation.

Le Conseil des Alunis a exigé au minimum quinze milles unités pour l’And d’Avaelis, mais la motivation et la conviction apporté par le grand seigneur de guerre Drake le Sage, réussirent à apporter environ seize milles humains et races proches, archers et soldats confondus, environ mille cinq cent Günjâks, presque autant de cavaliers Drakön et de dragons et quelques rares trolls, soit environ vingt milles unités, de quoi protéger deux kraks de chevaliers. Rien que pour la cité de Zanark il fallut plus de deux cent cinquante gardes spéciaux et pour loger tout ce beau monde, d’immenses camps et forts furent installés et des auberges alloués pour les extérieurs à la ville.

Le rapport fait au Conseil démontrait qu’ils avaient à leur disposition une armée comportant un million deux cent mille unités pour défendre l’empire, plus qu’ils ne l’avaient espéré, estimant que les forces ennemies n’étaient qu’à six cent mille au grand maximum; l’armée de ces peuples fut alors appelée l’Armée Blanche, car chaque couleurs des étendards des seigneurs une fois réunis forment le pur et l’innocent : la couleur blanche.

En réfléchissant à cette nouvelle de risque de guerre, Drake ne put s’empêcher d’être déçu, en effet, le territoire d’Avaelis n’est pas en contact directe avec les frontières, et il risquait de ne pas aller au combat. Même si cette armée était supposée simplement garder et défendre les territoires, Drake ainsi que la plupart des seigneurs devinaient bien qu’elle était conçue pour l’attaque et qu’elle n’attendait qu’un élément déclencheur pour se mettre en marche.

L’élément arriva au bout de deux semaines, une explosion dans le marché d’un territoire limitrophe avec l’aide de la magie et de la poudre explosive, simultanément avec une embuscade sur une patrouille de quinze hommes dont un seul a survécu, les autres rescapés ayant succombés à leurs blessures. La révolte chez le peuple ne se fit pas attendre, exigeant une riposte punitive; on lança un bataillon complet à l’assaut du camp le plus susceptible d’avoir commis ces actes : la guerre était déclaré. Tout le monde était prêt à la guerre préparant les défenses des villes proches de l’ennemie.

La destruction totale du camp avait entraîné des actes barbares partout là où l’ennemi était présent, attaquant sans merci les plus petits villages et ceux isolés. Les officiers ne comprenaient pas comment ces êtres jugés inciviles avaient pût réunir autant de créatures de toutes races dans leur rangs, il était clair que les Akars promettaient autres choses que leur reconsidération et l’agrandissement de leur territoire qu’ils prétendaient être l’originel à ceux qui hésitaient à les rejoindre. L’Armée Blanche commençait à stagner dans les combats et même à reculer par endroits, l’ennemi était plus nombreux et plus puissants qu’ils ne le pensaient et on n’osait désormais faire des estimations. Le Conseil des Alunis ne savait que faire est fît l’appel des dragons et de toutes les armées disponibles dégarnissant les territoires intérieurs sujets désormais à des attaques quotidiennes.

Ils avaient prétendus être prêts, c’était en réalité inexact. Et ils n’étaient sûrement pas prêts à la suite des évènements.

 

 

II L’arrivée des renforts

 Lorsque Drake reçut un message cet après-midi là il ne pensait par recevoir celui-là. Il savait que les combats tournaient par endroits à l’avantage des Akars, mais il ne pensait pas que les troupes en était au point d’avoir besoin du renfort de tout le contingent d’Avaelis, et, il l’apprit par la suite, d’autres contingents avaient été aussi appelés. Dès le lendemain il prépara ses troupes, et au soir, ils partirent sans attendre, cavalier drakön et dragons en premiers, tous en vols, dont Drake était le seul en rase-mottes pour rester en contact direct avec les unités au sol. Les Günjaks ouvraient la marche, suivit de près par les lanciers humains, puis les archers dont la moitié étaient des Fragoo, les soldats et enfin les cavaliers sur toutes les sortes de montures possibles, qui eux, entouraient tout le contingent. Ils arrivèrent dans les montagnes, l’idée était de faire passer les archers un peu plus haut pour surplomber les soldats et d’envoyer des éclaireurs draköns pour vérifier l’état du chemin et sa sûreté. Au milieu de leur périple dans cette vallée ils rencontrèrent une patrouille ennemie d’environ quinze hommes dont un günjak, le tout détala à la vue du nombre, ils ne durent rentrer chez eux qu’à huit ou dix après la réaction des archers, mais ils réussirent tout de même à disparaître assez vite pour survivre. Ce que Drake n’avait pas pensé c’est que si ils étaient ici, il devait forcément en avoir d’autres, donc il y avait un camp à proximité. Il ne remarqua son erreur que trop tard, environ deux heures après, des archers ennemis tirèrent des flèches sur les draköns sans leur porter réellement atteinte; mais l’ennemi créa une chute de pierre importante qui fit une dizaine de soldats tués et quelques blessés. Drake ordonna le feu à volonté aux archers et la charge aux javelots des cavaliers draköns. Drake se fit le plaisir d’en croquer quelques uns, ce n’était plus souvent de nos jours que l’on mangeait de cette viande là, en faite, depuis la dernière guerre, il n’en avait plus mangé. Le voyage ne serait pas long, mais il faut penser aux provisions pour les combats, et cela durerait, il le sentait, et il fallait donc garder des provisions en conséquences. A l’aube, l’armée découvrit un endroit propice à une halte pour reposer guerriers et bêtes et se restaurer, ce qui était plus pour les quelques trolls se remplir la panse jusqu’à s’étaler de tout son long sur le sol le ventre lourd, bien que pour eux c’était normalement une activité pratiquée le soir avec de l’alcool en abondance.

Le lieu où ils se reposaient était une sorte de cratère dans la roche qui les entourait, presque entièrement déboisés, où coulait en son centre dans une forme approchant un delta un mince filet d’eau. Les cuisiniers préparaient ce qu’il fallait et les hommes impatients ne pensaient même plus à rester sur leur garde.

Les troupes ne tardèrent pas à recevoir l’ordre de se remettre en route. Vers le milieu de l’après-midi, ils quittèrent les montagnes pour rejoindre les hauts plateaux du Sud. Là, ils rencontrèrent au bout d’une heure un petit camp allié où postaient une trentaine de soldats, Drake pris les nouvelles, et les soldats furent fort heureux qu’on les ait débarrassés des ennemis Akars de la montagne. Ils apprirent aussi que ce matin un krak de chevaliers était tombé aux mains de l’ennemi; pour Drake, il était temps d’accélérer la marche. Ils réussirent enfin après une marche forcée à rejoindre le krak du front à la nuit tombée. On pouvait entendre au loin l’ennemi beuglant et rugissant et les bruits des combats incessants, les épées s’entrechoquant. Ce château ci était intact, ne gardant que les marques de l’usure du temps, Drake se fit connaître et demanda à voir le seigneur qui dirigeait ici.

Il eut alors à faire face à un humain en armure qui avait l’air, certes d’un bon combattant, mais qui était plutôt mince et ayant environ vingt-cinq ans. Drake savait que la largeur du corps chez les humains ne faisait pas leur force, l’agilité était un atout chez eux, ce que les trolls n’avaient pas.

Le seigneur dirigeant de cette place forte se présenta :

- Je suis le seigneur humain Häkler dit l’Agile, du territoire de Salidad. Heureux de vous rencontrer, vos exploits passé vous précèdent seigneur Drake, le poste avancé m’a prévenu de votre arrivée.

- Espérons pour nous tous que cela deviennent également des exploits futurs. Enchanté de vous rencontrer bien qu’à mon avis ça aurait été mieux à un autre moment.

- Vous ne le pensez pas réellement! Pour vous la guerre est ce qu’il y a de plus attrayant.

- Je sais me montrer diplomate. Auriez-vous des pouvoirs de télépathe?

- Non, mais vos idées vous précèdent également; des livres parlent de l’engouement avec lequel vous vous êtes battu à la dernière guerre et comment vous êtes devenu seigneur. Et ... attendez d’être sur le combat pour voir mes pouvoirs!

Drake, un peu amusé par cette dernière remarque, reprit avec sérieux :

- Cessons les plaisanteries et paroles futiles mon ami, je pense qu’il faut tout de suite passer à la situation et au plan de bataille.

- Votre empressement n’a d’égal dans mes troupes, je pense que vous saurez les galvaniser avec une ardeur immense. Bien, approchez vous de cette table, je sais que votre taille est une difficulté ici, mais vous avez une vue excellente dans votre race.

- Quand on vole c’est essentiel. Donc, vos troupes, avancent-elle ou reculent-elle?

- Elles avancent, non sans mal. Les troupes ennemies sont bien plus nombreuses et mieux armées qu’on le pensait, il me semble que nous n’avons pas assez surveillé de près ces énergumènes là. Heureusement pour nous que ceux de votre race ne sont pas tenté par ce côté plus qu’obscur.

- Heureusement oui.

Häkler reprit en montrant du doigt sur la gigantesque carte :

- Ici, un peu plus au sud, nous avons des troupes ennemies basés dans les ruines d’une ville de jadis, et là à l’Est de cette ville, nous avons un canyon que nos troupes sont obligés de traverser pour arriver à une forteresse ennemie. Le hic, c’est qu’il y a des guetteurs pour prévenir de notre arrivée au canyon, ainsi que mille soldats environ, dont deux cents archers je dirai.

- Ennuyeux ce canyon, il n’y aucun moyen de le contourner?

- Si, bien sûr, mais il nous faudrait une journée de marche au minimum, ce qui nous ferait dégarnir ici trop longtemps et eux pourrait nous attaquer en force en passant ce canyon, et la forteresse demanderait du renfort et dans ce cas là on se fait complètement avoir.

- Ah. Donc, il faut les affronter de face, mais comment?

- Nous nous sommes déjà penché sur le problème, Le seul moyen de passer le canyon et de passer le plus vite possible au centre ou de les affronter.

- Oui, mais nous ne pouvons risquer des centaines voir des milliers de morts rien qu’en passant sans même pouvoir riposter. Il ne nous reste que le second choix.

- On ne peut accéder aux hauteurs du canyon que par le côté adverse, à moins d’escalader mais aucune chance.

- Et les affronter par l’intérieur du canyon serait peine perdue je suppose...

Drake réfléchit puis reprit :

- A moins que.... d’où viennent les renforts pour la forteresse si l’on contourne le canyon ?

- ils viendront probablement de la ville en ruine ou de la forteresse voisine, qui est sous l’assaut continu d’un autre seigneur.

- Qui ça ?

- Curieux jusqu’au bout n’est-ce pas ? Il s’agit du seigneur troll Bosphore.

- Il a du mal à prendre l’avantage sur cette forteresse où il reste simplement dans son château jusqu’à ce qu’on vienne ?

- Il a du mal. Il faut dire qu’il n’est pas fin stratège et il n’écoute pas ceux qui sont prévu pour le conseiller sur ce point. Les trolls préfèrent la force brute à la réflexion c’est connu.

- Il faut juste savoir allier les deux. Je pense que nous allons avoir besoin de lui, mais d’abord, préparons l’attaque de cette vieille ville, il faut les couper à la source !

Ils passèrent une grande partie de la nuit à établir des plans d’attaques, pouvant ainsi, selon les situations, modifier leur stratégie et parer l’ennemi, pour ainsi l’emporter. Ils passèrent deux heures à l’expliquer aux gradés et lancèrent la grande machine de guerre qu’est une armée.

Pendant le temps où Drake et Häkler mettaient au point leur stratégie, on pouvait assister à une immense scène de retrouvaille, où les nouveaux arrivés chantaient joyeusement et buvaient -modérément la bataille étant proche-, puis, au bout de quelques heures, les rires s’étaient tut, presque tous les soldats sommeillaient. Jusqu’au moment où tous les chefs vinrent réveiller les soldats dans leur chambre et les tentes improvisées. On ouvrit les gigantesques portes de chêne, renforcées par des plaques de métal exerçant la fonction de pare-feu et d’anti-bélier, les portes étaient de front, les plus solides de ce fait. L’armée partit alors dans un bruit incommensurable, mais elle eut ordre de ralentir le pas et de ne point faire de bruit, de sorte que la surprise soit totale. Les cuisiniers, soigneurs et tous les différents métiers qui suivent une armée attendraient que l’attaque soit lancée pour rejoindre le corps d’armée.

Les troupes avaient à traverser un fleuve pour atteindre l’ancienne cité, mais ils n’eurent aucune difficulté mis à par la dizaine d’hommes sensé donner l’alerte, mais ils firent tant et si bien que l’ennemi ne fut pas prévenu. Et passèrent sur les bateaux ennemis laissés en rade et sur le pont de pierre séculaire.

Le siège de la ville se préparait, Des soldats munis de grands boucliers, en une seule ligne, protégeaient les archers. Quand tout fût prêt, Häkler fît signe à son général d’embraser les flèches.

“Prêt? Feu!”

Un nombre d’environ quatre cent cinquante archers avaient suivi l’ordre. C’est seulement à ce moment là que l’ennemi remarqua l’assaillant. On entendit alors dans la cité de nombreux hurlements, ceux des soldats criant aux préparatifs et à la riposte, et ceux dont l’agonie des flèches et les feux provoqués un peu partout avaient créés. L’armée des deux seigneurs eut encore le temps de lancer une seconde salve de flèches brûlantes sur l’ennemi, éclairant la nuit, avant d’apercevoir l’ennemi aux portes de la cité, ainsi que les archers sur les restes des toits et des masures. L’ennemi fit feu dans un désordre qu’aucune armée n’avait jamais vu, les flèches qui arrivèrent à toucher une cible, firent lancer des éclats de voix déchirants, malgré les armures épaisses des soldats. Le seigneur Häkler décida alors de lancer l’assaut de la ville par les soldats, suivis des lanciers dont leur lance faisait six mètres de long,de sorte qu’à l’horizontal, la première ligne de soldat humains et günjaks était protégée par le bout des lances. Les archers suivaient par compagnies, et le gros des soldats à pieds suivait, près à doubler les archers lorsque ceux-ci seront à meilleure portée. La cavalerie terrestre attendrait que les troupes se battent déjà pour foncer sur l’ennemi, pour éviter qu’ils ne soient fauchés par des flèches, n’ayant pour la plupart pas de boucliers. La cavalerie drakôn était déjà élancer avant même les premiers coups d’épées, et ils bombardaient l’ennemi d’huile bouillante, de flèches et de bombas, boules de bois lourd enduites de toutes sortes de produits inflammables qui, une fois lancées dans une ville, la ravage par les incendies en quelques heures. Enfin, quand les hommes à pied furent à une trentaine de mètres de l’ennemi, Haklër hurla alors à ses hommes :

- Faites la fierté de L’Éternité, car vous êtes le fer de lance de l’Armée Blanche, et ensemble, nous vaincrons définitivement l’ennemi et il ne sera plus à nos portes, mais à celles de l’enfer!

Galvanisés par ce cri, les troupes foncèrent droit sur l’ennemi, armes aux poings, vociférant comme des bêtes -ce qui n’était pas complètement faux vu le nombre de Günjâks-, Häkler à leur tête.

Drake des hauteurs du ciel vit l’engouement de ces guerriers, et se dit alors que cela était beau une guerre.

Le choc des armes et des boucliers fit un bruit énorme, plus encore que les hurlements des premières entailles dans la chair, à cet unique son, la cavalerie terrestre fonça sans attendre. L’ennemi ne possédait aucune cavalerie, sérieux désavantage pour lui. La première ligne fut démontée par les longues lances, les survivants, tués par les épées à une main des soldats en peu de temps. Les épées et les haches tranchant la chair et enfonçant les armures dans les corps; les massues, fracassant les crânes à travers les casques; l’armée de l’empire progressait rapidement, défonçant les lignes ennemies. Les drakôns bombardaient toujours la ville pour bloquer l’arrivée de nouvelles troupes, ainsi que les hommes hors de la ville, prenant au passage un guerrier ennemi dans leur gueule et remontaient pour le lâcher de plus haut sur l’ennemi. Châtiment cruel, mais l’ennemi en faisait autant, si ce n’est pire.

Drake décida de montrer à tous pourquoi les dragons étaient respectés, et pourquoi les considérait-on comme des sages, il plongea en piquet vers l’ennemi, ouvrit sa gueule, poussa un hurlement qui fit changer le regard de tous les soldats, alliés et ennemis, et cracha par ses naseaux un puissant brasier brûlant les uns, pétrifiant les autres, spectateurs de l’enfer dont étaient victimes leurs compatriotes. N’utiliser que très rarement un tel pouvoir était déjà une preuve de sagesse.

Un général de l’Armée Blanche rugit alors dans la bataille à ses compatriotes :

- Le seigneur Häkler leur avait promit l’enfer, et le seigneur Drake leur montre le chemin! Maintenant renvoyons ces démons d‘où ils viennent!

Un nombre énorme de soldats se mit à hurler avec rage, puis les autres suivant l’élan, en firent de même, et redoublèrent de force sur l’ennemi, assaillit de toute part, du ciel par les drakôns et les archers, en face par les guerriers, et aux flancs par la cavalerie.

Lorsque Häkler entendit ces paroles, il démontra à son tour son pouvoir, les soldats entendirent un bruit sourd, puis, l’on vit Häkler luminescent, les cheveux dressés, envoya les foudres du ciel en face, foudroyant et carbonisant les Akars, les trolls et les humains ennemis. Drake cria alors à l’armée :

- Qu’est-ce que le pouvoir d’un dragon et d’un humain, comparez à celui que vous posséder ensemble? Vous êtes une armée! Vous avez le plus grand des pouvoirs! Alors foncez et montrez ce pouvoir, quelque soit votre race!

C’est à ce moment que Häkler vit qu’il avait raison, l’armée que l’on leur avait confiée était réellement le fer de lance de l’Armée Blanche. Certes l’armée ennemie devait être en infériorité numérique, et tout les combattants des seigneurs ne purent combattre, et, en quelque sorte, s’en fut fort heureux. Les gwentis, lézards à bec de perroquet et quelques plumes, assez grands et bonnes montures, dévoraient et éventraient avec leurs cornes à grand renfort de cris ceux qui voulaient les mettre au silence. Le massacre hors de la ville mit plusieurs heures à se terminer, et il se termina dans la ville, lorsque les hommes et les bêtes, n’eurent plus assez à combattre, et foncèrent dans la cité, pourchassant l’ennemi qui fuyait déjà.

A la fin de la bataille, quand la ville était investie est en leur pouvoir, Drake parla à Häkler.

- Je suis fier de nos soldats, cette victoire est éclatante!

- Vous appelez cela une victoire vous? Aucune guerre n’est une victoire, regardez autour de vous, voyez tous ces morts, nous avons perdus à première vue pas moins de trois milles guerriers!

- Pour moi, il y aura toujours autant de morts tant que cette guerre continuera, et tant que la nature des races humainoïdes ne changera pas. Il nous faut donc terminer cette guerre, et il faut la faire écrasante, pour qu’il y ait moins de morts chez nos alliés.

Un silence se fit, seul le vent soufflait, des ruisseaux de sang se formaient et coulaient, parcouraient le chemin pour rendre le fleuve rouge. Les cadavres s’amoncelaient, les armes et les corps brisés jonchaient le sol. Les jeunes soldats qui n’avaient jamais vu l’horreur d’une bataille finie, restèrent plongés dans la stupeur et l’effroi pendant longtemps, mais aucun ne songea à repartir, ils affronteraient toutes les horreurs, et élimineraient définitivement les Akars, pour la sérénité des territoires et la pérennité de leur race. Le gros de l’armée repartirait au krak de Häkler, et dix milles unités resteraient dans la région de la cité pour éviter les représailles. Il fût aussi décidé d’effectuer un immense brasier des corps, ceux-ci risquant d’apporter vermines et maladies. On en fit des tas, et on les brûla, Drake aidant à la tâche très ardue. Au matin, il ne restait que des tas fumants informes.

Une bonne nuit de sommeille avait ragaillardie les troupes, promptes à faire le voyage du retour. Une fois de nouveau installés dans la forteresse du seigneur Häkler, tous les guerriers ou presque, ceux dont l’horreur de la veille n’avait pas ôté l’appétit, firent un festin où tout coulait à foison, vins, viandes et toutes sortes de victuailles. La modération était de mise, les stocks n’étant pas inépuisable; on avait bien retrouvé des provisions abandonnées par les Akars dans l’ancienne ville mais ce qu’ils mangent et rarement bon, mais on en prit tout de même pour des trolls et quelques Günjâks rarement difficiles, qui firent déjà un effort, la plupart n’ayant jamais goûté à la chair humaine, le traité séculaire l’interdisant, et ne firent donc pas festin des restes humains. La question se posait pour nos deux seigneurs, comment prendre la forteresse ennemie?? Drake décida que la cavalerie volante s’occuperait d’attaquer en permanence les ennemis sur les hauteurs du canyon, pendant qu’ils iraient converser avec le seigneur troll voisin Bosphore pour lui demander du soutien.

 

Troll Akar, donc plutôt sauvage.

III Bosphore l’Irréfléchi 

Bien que Drake n’aimait être pris pour un drakön ou pire une mule, il se laissa charger des armes et d’ustensiles utiles au seigneur Häkler. Ce dernier grimpa avec souplesse sur le dos de notre “bête de somme” et Drake pris alors un envol majestueux, accompagné de deux draköns puis grimpa vers les cieux en vitesse et pris la direction de l’Ouest, droit sur la forteresse du seigneur Bosphore.

- Je me permet de vous apporter une précision mon ami, dit Häkler, ne faites pas allusion à son armure sur son bras, on ne s’est pourquoi il la porte. Ça le regarde, donc ...

- Oui chacun à ses secrets ...

Ils ne mirent que deux heures pour arriver, mais cela à vitesse de vol d’un drakön, plus lent que les dragons, mais plus agiles. En arrivant sur cette endroit, on put apercevoir qu’un bataillon était près au combat, le seigneur Bosphore allait sûrement lancer une attaque. Drake se posa en douceur à l’intérieur de la cour du château, aussitôt vingt trolls accoururent aussitôt pour les mettre en jougs, mais à la vue de Häkler, le plus gradé s’arrêta, et salua bassement, Häkler descendit et ordonna que l’on décharge le dragon, quand ce fut fait, on les conduisit tous deux dans la salle où devait siéger le seigneur troll. Salle majestueuse, grande, mais rustique, dans le style de la trollitude et non du moderne. Le seigneur résident était absent, un serviteur leur pria d’attendre et d’excuser son maître qui était en “préparation”.

Lorsque le seigneur Bosphore daigna se montrer, Häkler et Drake se levèrent aussitôt pour le saluer.

Bosphore qui en arrivant avait l’air renfrogné et en rage, s’illumina en apercevant Häkler, ne pouvant que lui faire bon accueil. Drake étonné par se changement d’attitude mit un moment à se rappeler pourquoi il était venu. Bosphore était un troll plutôt petit par rapport aux autres, mais plus trapus, il avait une balafre qui partait de l’épaule gauche au bas de sa poitrine, et avait le bras gauche recouvert d’une armure, Drake pensa que lui et Häkler avait dû l’interrompre pendant qu’il mettait son armure, puis se rappela les paroles de Haklër sur ceci. Le seigneur troll s’approcha, serrant la main à l’un, saluant l’autre :

- Qu’est-ce qui fait quitter leur forteresse à deux seigneurs pour me voir?

- J’irais droit au but avec vous, je sais que vous détestez les formalités.

- C’est en tout point exact.

Drake prit la parole :

- Nous avons besoin de votre aide ...

Bosphore coupant :

- Rien que ça? Je m’en doutais un peu! En ces temps de guerre, on prépare une attaque où on est déjà à la bataille! Alors pour que vous vous déplaciez en personne!

- D’ailleurs, vous vous préparez à l’assaut? reprit Drake.

- Oui, mais moi je galère avec mes soi-disant stratèges!

Drake risqua une remarque :

- Je ne juge pas vos méthodes, mais, n’est-il pas plus conseillé d’attaquer la nuit ou à l’aube? Le milieu de la journée pour partir n’est pas un bon moment.

- Seriez-vous aussi un stratège par hasard?

- Le seigneur dragon Drake est appelé le Sage, il fut un des héros de la dernière guerre, mais dirige avec autant d’ardeur et d’habileté au combat, assura Häkler.

- Merci, je suis très honoré, dit Drake avec un sourire gêné de dragon.

- Et moi de votre présence à tous deux, venez par là, on peut bien retarder cette bataille non?

Aucun des deux ne répondit à cette phrase et ils firent mine de n’avoir rien entendu.

- Nous avons réussi à prendre l’ancienne cité la nuit dernière, annonça brusquement Häkler.

- Il le fallait bien un jour ! Moi je bloque encore et toujours avec ma forteresse, on en tue trois milles, il en revient quatre milles le jour suivant!

- Bosphore, s’il le faut nous vous aideront à attaquer cette forteresse, il nous faut absolument couper l’approvisionnement en homme de la forteresse que nous avons en face, nous avons eu la ville, mais la prochaine sur la liste est votre cible.

- Quel approvisionnement? Pourquoi faire?

Drake engagea les explications :

- Le seul moyen de ne pas perdre des milliers d’hommes dans le canyon qui mène à la forteresse, est de le contourner, mais le temps que nous arrivions, l’ennemi enverra son armée sur notre forteresse, et la leur sera réapprovisionné en soldats le temps que nous arrivions.

- Pourquoi ne pas attaquer les deux en mêmes temps?

- Voilà une solution à laquelle nous n’avions pas pensé! s’exclama Häkler.

Puis, réfléchissant il reprit :

- Non, il est plus simple pour vous que l’on vous aide, et si la forteresse tombe entre les mains de l’Armée Blanche, nous pourrons avoir un accès plus rapide vers l’ennemi. D'autant que les pertes seraient plus importantes encore, et la victoire, non assurée.

- Comme il vous en conviendra, j’annule l’attaque alors?

- Oui, je pense qu’il est préférable, et nous vous aiderons à planifier la prochaine. Pour l’instant, nous allons partir pour préparer et ramener nos soldats. Êtes-vous prêt Drake?

Drake acquiesça.

Au retour, l’annonce que les hommes devaient se préparer à partir lanca un semblant de mécontentement, vite effacé par un officier loyal à Häkler.

- Si nous repartons déjà, c’est parce que nous sommes les meilleurs voyons, et vous savez bien que vous êtes toujours d’aplombs, et une nuit vous suffit, car vous ne perdrez pas, gaillards comme vous êtes!

Des hommes réfutèrent, néanmoins prompt à partir.

L’officier reprit :

- Oui, je sais, c’est mieux si je vous dis qu’il y aura un meilleur festin là-bas avec alcools à volonté, mais si je vous dis ça, vous ne voudrez plus revenir ici après!

- Ouais, de toute façon on en aura un au retour de la bataille! On est toujours prêts de tout’façon! surenchérit un soldat.

Des sceptiques ajoutèrent dans un murmure “pour ceux qui en reviendront ...”.

On parti sans attendre, laissant une partie des hommes pour garder le krak, et rejoignirent au trot la forteresse voisine du seigneur Bosphore.

Les troupes mirent relativement peu de temps à arriver chez Bosphore, le temps ne pressait pas, ils devaient d’abord décider de la stratégie à adopter. On réunit les principaux des officiers autour des trois seigneurs. Quand tout le monde fut enfin à sa place, Bosphore commença par ses termes :

- Bienvenue à cette petite réunion stratégique qui va décider de l’attaque que nous devions faire ce matin! Je sais que d’habitude je vous convoque pour une demi-heure environ, mais là nous allons faire plus long!

Un colonel humain murmura alors à son voisin qui était un général de division Fragoo :

- Cela nous évitera peut-être des morts pour rien! Les dragons et les humains ont une meilleure écoute, ils se lavent plus souvent les oreilles!

Son voisin esquissa un sourire. Pris d’un doute, le colonel releva la tête et vit que Bosphore l’observait.

- Je ne suis pas bouché! Je n’ai juste que faire des stratèges qui cherchent des complications! Cette remarque sur un troll pourrait en un autre temps te coûter plus qu’un grade, si tu suis ma pensée, abstiens toi de tout commentaires, si tu ne désires pas QUE JE TE DÉBITE LITTÉRALEMENT L’ÉCHINE!

Plusieurs officiers ainsi que Drake et Häkler éclatèrent de rire à ces propos, et encore plus à la vue du visage paniqué du colonel.

Drake, le sourire aux “lèvres” reprit la parole à Bosphore :

- Cette remarque est certes peu délicate, mais ce colonel a raison, il nous faut préférer la stratégie à la force brute, pour gagner en temps et en guerriers. Je vous garantis la réussite avec une bonne stratégie et notre nombre, si ça ne marche pas, alors rien d’autre ne marchera tant que la forteresse ennemie ne perdra pas en puissance !

- Je suppose que je n’aie guère le choix. Mais sachez que la stratégie n’a pas empêché qu’un krak ne tombe aux mains de l’ennemi!

- Vous croyez que nous sommes les seuls à utiliser la stratégie? rétorqua Drake.

Häkler, pour éviter un long silence et un froid entre Drake et Bosphore, reprit :

- L’ennemi n’est pas aussi idiot que l’on ne le croyait, ni aussi inférieur en nombre, ils ont autant d’unités que nous, si ce n’est plus, ils ont des trolls, des humains et probablement des quelconques créatures volantes. Il faut toujours surestimé son ennemi, c’est une faiblesse de faire le contraire.

“Hum” et un air boudeur fut la seule réponse de Bosphore. On pouvait commencer à établir le plan de bataille.

IV La bataille des trois

 Les soldats ne tenaient plus en place à l’aube, cherchant où ils avaient égaré leur armes, casques et autres, se préparant minutieusement. Lorsque Bosphore apparut, impressionnant, dans son armure lourde qu’un humain ne saurait porter qu’en restant immobile, le tumulte se tut peu à peu, il prit la parole :

- Tout le monde en rang et prêt au combat! Officiers! Faites votre travail!

Häkler apparut à son tour, ajustant son armure légère, permettant des déplacements rapides.

Bosphore la voyant, rit aux éclats et lui dit :

- N’as-tu pas peur de te faire écraser par une masse avec ça? Nous allons à la guerre, pas prendre un bain! Couvre toi plus mon ami!

- J’évite les coups, c’est moins douloureux, et je tue plus car je suis rapide, mais vous comprendrez réellement son utilité pendant le combat.

Puis regardant autour de lui, puis dans la grande salle où tous débattaient la veille, Häkler s’inquiéta:

- Où est donc passé le seigneur Drake? L’avez-vous vu?

- Tiens! Tu as raison l’ami! Il n’est pas là... Bah! Il a dû voir une jolie femelle et faire un p’tit tour! Mais tutoie-moi voyons! Nous sommes alliés, amis et de même rang, non?

Häkler n’écoutant qu’à moitié Bosphore :

- Cela m’étonnerait de lui, surtout que la guerre l’intéresse au plus haut point. Espérons qu’il ne tardera pas.

- Guerriers! hurla Häkler, essayant de dissimuler son air inquiet. Nous allons marcher vers la victoire! Mais d’abord, il faut marcher vers l’ennemi et faire face, et plus nous ferons face, ensemble, plus notre victoire sera éclatante, alors suce à l’ennemi!

Tous reprirent :

- Hourras !! Hourras pour nos seigneurs ! Hourras pour la victoire ! Hourras!

Aucun n’avait remarqué l’absence de Drake. Toutes les portes s’ouvrirent, vidant la forteresse, donnant l’impression qu’elle se crève et se vide de son liquide. Mais le plus impressionnant fut la diversité des sons que produisait cette étonnante armée composée, qui aurait ravi un chef d’orchestre jusqu’aux larmes : le bruit des bottes et des pieds nus de certains trolls, des armes et des boucliers cliquetant, des paroles lancés joyeusement, et des cavaliers galopant, du vent s’engouffrant par la grande porte, et, peut-être pas le bruit de la victoire, mais toujours celui d’une belle bataille.

Ils marchèrent au pas rapide, dans un grand bruit de ferraille, la plupart des guerriers étaient heureux de retourner au combat, oubliant l’horreur, pensant seulement à leur famille et patrie. Tous étaient prêts à donner leur vie pour se battre. Les rares femmes à s’être engagée - et à être acceptée - étaient ou bien des archères, ou bien des Fragoo qui portaient des armures légères et des épées courtes, voir des poignards. Les femmes n’étaient pas très acceptées à cause de la pauvre force qu’elles ont, mais elles sont habiles, parfaites pour les archers, sauf les Fragoo qui se spécialisaient comme Häkler dans l’agilité pour combattre au corps à corps. Le seigneur Bosphore avait hérité au cours d’une bataille de plusieurs machines de guerre, entre autre, un bélier lourd protégé, deux catapultes lourdes, trois légères, et un trébuchet, ce dernier ne serait installé que lorsque l’armée sera suffisamment proche.

La bataille devrait être longue, car ils devraient sûrement faire le siège de la forteresse car l’armée ennemie n’en passerait pas les portes. On s’installa. Les premières lignes de soldats étaient équipées de haches pour défoncer les portes de bois, et les archers préparaient leurs flèches enflammées. Les lourdes portes qui gardaient l’entrée de cette forteresse n’étaient bizarrement pas accompagnées d’une herse, ce qui faciliterait l’attaque. La cavalerie terrestre ne serait pas utile ici sauf si l’on arrive à ouvrir les portes, mais cela semble peu probable. Les draköns bombardant sans relâche le canyon, ils n’auront pas de soutien aérien, et Drake ne se manifestant toujours pas. On prépara les catapultes lourdes pour détruire l’enceinte du fort et les bâtiments intérieur. Les catapultes étaient en retrait de la première ligne, ainsi protégées, elles pouvaient garantir des brèches chez l’ennemi assez tôt. En une heure environ on pouvait monter le trébuchet, mais il fallait être sur que celui-ci ne risquait rien.

Au bout d’une dizaine de minutes, on commença à voir tous les feux de la ville s’allumer, et, dans la lumière oscillante des flammes, on pouvait voir les ombres de soldats aux remparts, s’armer, dans l’agitation et les cris des ordres. Häkler et Bosphore n’en avaient que faire, ils ne recherchaient pas l’effet de surprise, et Bosphore aimait bien que l’ennemi le voie arriver, une petite fantaisie de troll. Bosphore ordonna tout de suite que les catapultes puissent tirer, lorsque elles furent fin prêtes, il ordonna immédiatement le feu. Malheureusement l’ajustement n’était pas bon, et les projectiles ratèrent leur cible, s’écrasant trop tôt, la visée étant approximative, ils recommencèrent après avoir modifié la trajectoire, refirent feu et cette fois-ci firent mouche. Ils avaient un léger avantage étant donné qu’ils étaient sur une petite colline. Aussitôt des cris se firent, préparant sûrement une riposte, mais cette salve n’avait fait aucun dégât humain, les projectiles avaient touchés le mur d’enceinte.

Les machines de guerre recommencèrent, les blocs s’écrasant à la fois dans l’enceinte de la forteresse et sur le mur. S’ils arrivaient à créer une brèche dans la muraille cela pourrait faciliter l’assaut, mais la porte ne devrait pas causer plus de problèmes à démolir si ce n’est une vingtaine de soldats tués devant le porche, mais en temps de guerres cela est négligeable. L’important pour l’instant était de ne pas se mettre à portée de leurs archers et de faire sortir le gros des troupes.

Ils bombardèrent ainsi pendant trois heures au bout desquels les lourdes portes s’ouvrirent lentement, en grinçant, laissant s’évader de la vie les soldats fonçant vers la mort. Les Akars ne supportaient plus la démolition à laquelle ils ne pouvaient remédier qu’en combattant. Bosphore fît cesser le feu, laissant les troupes ennemies se réunir devant les fortifications.

Bosphore déclara en riant :

- Il faut être bon joueur tout de même! De toute façon, qu’ils soient à cent de plus ou de moins, c’est la même chose!

- Je ne dirai pas la même chose que toi. J’ai en horreur ces hommes, si l’on peut les qualifier d’hommes! rétorqua Häkler.

- Mais voyons, ça t’en fera plus à tuer et tu seras plus satisfait de toi même!

- Mouais ... Bien, préparons nous. A mon commandement! Soldats, en avant!

L’armée avança alors, au rythme des montures trottantes de Häkler et Bosphore, des gwentis. Häkler prononça simplement à son bras droit :

- Les archers à l’arrière. Gardez moi une ligne sur l’avant, elle va être utile.

Aucune des deux armées ne voulaient lancer l’assaut, les Akars ne quittant pas la relative protection des archers, et l’armée opposée, n’osant attaquer, fonçant sinon au massacre. Un groupe partit à la rencontre dans l’espace vide entre les deux armées, composé de Häkler et deux autres hommes, pour “négocier”. Les opposants en firent de même. Il s’agissait du seigneur Akar Bqal’dar et de trois autres soldats. Ils discutèrent en ces termes :

- Nous vous proposons de faire combattre nos champions, ce qui évitera la mort de beaucoup de monde, et nous pourrions envisager d’épargner vos vies, déclara calmement Häkler.

- Ha ! Simplement envisager ...croyez-vous que nous n’avons pas les moyens de nous battre ? Vous mourrez tous chiens galeux ! répliqua Bqal’dar.

- Je ne voulais que t’épargner, mais pour ces mots, tu périras, toi, pourri jusqu’à la moelle, et tes rejetons seront maudits ! Maintenant, va ! Retrouves ton armée, et bats toi, si tu en est capable!

Le chef ennemi ne dit mot et repartit vers son armée. Bosphore, interpellant Häkler qui arrivait, lui dit :

- N’avais-tu pas dit que tu préférais les voir tous morts ?

- Crois-tu que je n’y avais pas pensé avant ? Vois-tu ces immondes bâtards acceptés cela? Ils mourront tous, même si ils ne le savent pas encore.

- Tu aurais pu faire un bon troll tu sais ?

- Peut-être, sauf que moi l’odeur du savon ne me gêne pas.

Et l’armée reprit le pilonnage du bastion ennemi et des troupes. C’est alors que l’armée Akar fonça, dans un ultime espoir de vaincre, utilisant sa dernière possibilité de survie incertaine. Le sol trembla, mais ce n'était rien en comparaison du cri unique qui s'échappa de l'Armée Blanche. Telle une marée humaine, les deux vagues composées des diverses créatures se rencontrèrent dans un choc effroyable, l'écume rouge commençait déjà à souiller les hommes. La bataille était rude, car les défenses adverses n'étaient pas minimes. C'est alors que l'on put voir les créatures innommables que possédait en ses rangs l'armée Akar. Des géants des collines du Sud lointain, des Armodons, ou Loxodonta Stegodon, le mal personnifié dans la famille des éléphantidés. Ces bêtes étaient mal habiles, et glissaient sur le sol ensanglanté. Un colonel en tua un avant même qu'il n'atteigne nos lignes, d'un jet puissant de sa lance dans l'oeil de la bête, qui s'écroula au bout d'une vingtaine de secondes, à ses pieds. Un sort guère différent attendait les autres. Häkler rencontra un homme d'une taille démesuré, sans pour autant avoir les caractéristiques d'un géant. Environ deux mètres trente de muscles, une laideur effroyable, et une violente envie de déchiqueter tout sur son passage en bavant allégrement. Cette chose, à chaque fois qu'elle frappait, ou tuait un homme, ou l'envoyait au loin tant la violence de la frappe sur le bouclier était grande. Après de nombreux vols involontaires et esquives, alors que la créature s'apprêtait à abaisser son arme, Häkler planta sa lame dans le biceps droit de la créature. Celle-ci ne sembla pas s'en formaliser, et attrapa de son autre main libre, l'épée, et l'arracha des mains de son propriétaire, et Häkler eu droit à une retraite forcée, par la puissance de la frappe de la bête. Désarmé, privé également de son bouclier qu'il avait abandonné en vol, il regarda la créature s'approchait lentement. A nouveau, elle leva son arme, mais Häkler s'empara d'une lance proche, et l'enfonça aussi fort qu'il le put, dans l'estomac de la créature. Cela ne semblait pas être en mesure de l'arrêter. Aussi Häkler appuya encore plus fort, tourna la lance, mais la bête, d'un coup de poing, la brisa. Il effectua alors un "projetée-retournée-attaque circulaire", récupérant son bouclier et une hache, et se retrouvant ainsi dans le dos de son ennemi. Son attaque circulaire trancha net la jambe de celui-ci, et il s'empressa de l'enfoncer à nouveau, dans son flanc gauche, et d'y laisser son arme. Il ramassa une nouvelle épée, et tandis que la créature n'avait pas fini de se retourner, il lui ôta la tête et l'envie de tuer à nouveau. Il était épuisé, mais il n'avait pas le temps de se reposer, et il se jeta à nouveau dans la bataille.

Un cri démesuré venant d’ils ne savaient où, Häkler aurait jurer venant du ciel, se fît entendre. Non pas un cri humain, mais plutôt comme un rugissement animal, sauvage. Puis, des soldats montrant du doigt le ciel, nos deux seigneurs regardèrent de là où chacun d’eux était. Une ombre avançait dans les nuages bas, un nouveau cri se fit entendre, et, surgissant des cieux, Drake vira et descendit magistralement vers le lieu des combats. Tandis que le dragon se rapprochait, Häkler vit que des flèches enflammées étaient déjà planté dans sa cuirasse épaisse, ne comprenant toujours pas, il fonça à travers les lignes, massacrant ceux sur son chemin, pour rejoindre le lieu d’atterrissage de Drake, si il atterrissait vraiment. Pris de ce doute, Häkler ralentit sa course et observa plus attentivement.

(Vas pas te faire cramer idiot! Regarde bien, la dernière fois il en a fait des rôtis. Mais où était-il donc passé pendant tout ce temps ?)

S’arrachant à ses pensées, Häkler vit qu’on lui parlait, qu’il était à demi allongé par terre et qu’un troll lui tendait la main pour le relever.
- Réveillez-vous seigneur Häkler! Cela fait plusieurs fois que je vous appelle ! Vous allez vous faire tuer !

- Oui, excusez-moi ... qui êtes-vous ?

- Je suis le bras droit du Troll d’Acier, ou l’Irréfléchi. Mais les présentations complètes sont pour plus tard, ça ira? Vous saurez continuer le combat ?

- Et comment! Je vous remercie de votre aide, allons-y !

Tout en combattant, Häkler continuait la conversation avec le troll par intermittence avec les coups d’épées et de haches.

- Quand tu dis le Troll d’Acier, tu parles de Bosphore ?

- Oui, vous ne connaissez pas ce surnom ?

- Je ne connais que ... celui de Bosphore ... Prend ça ! ... l’Irréfléchi. Mais je crois que ...Oups pas loin ... que ce n’est pas celui qui a choisi mais que ce sont ses stratèges qui lui ont donné !

- Vous ... avez ... parfaitement raison ! Bon ! On peut discuter ?!

Se débarrassant de son adversaire, le troll poursuivit :

- Excusez-moi; si il a ce surnom, c’est à cause du bras en métal qu’il a, beaucoup de soldats mystifient dessus, aucun ne connais la vérité.

- Mais toi tu la connais n’est-ce pas ?

- Hé Hé, vous n’êtes pas bête, mais ne comptez pas sur moi pour le dire !

- Je ne te le demande pas, bon, essayons de nous concentrer sur ce que nous faisons, l’ennemi va se démoraliser si nous discutons pendant que nous le massacrons !

- Ha ha ... Lorsque vous êtes débridés, vous êtes beaucoup mieux que lorsque vous faites vos fonctions diplomatiques !

Häkler repartit dans ses pensées, mais moins concentré cette fois-ci, pour ne pas perdre la vie bêtement.

(J’ai complètement oublié Drake)

(Où est-il ?)

- Je ne sais toujours pas ton nom, mais en tout cas, aides moi à trouver et rejoindre Drake !

Le troll s’accorda une petite boutade.

- A vos ordre votre majesté ! D‘ailleurs, si il est dans les environs, nous le verrons !

Au bout de quelques minutes, ils le repèrairent au milieu des troupes ennemies, se démenant pour qu'aucune arme puissante ne perçe son cuir épais, se battant presque aveuglement pour ne pas perdre un oeil par une des innombrables lances.

- Bon dieu, Drake! Que faisiez vous?!

- Je retenais les renforts

 
 

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